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16 February 2026

CALL FOR PAPERS: Les chrononymes en histoire du droit (Clio@Thémis, DEADLINE 28 FEB 2026)

 


Les chrononymes en histoire du droit

                                      

Coordination scientifique : Jérôme Henning, Université Toulouse Capitole, Centre Toulouse d’Histoire du droit et des idées politiques – CTHDIP, École de droit - Recherche

 

Argumentaire

 

Questionner l’historiographie juridique est devenu, depuis d’importants travaux (Poumarède, 1992 ; Halpérin, 2001 ; Halpérin 2010 ; Krynen & d’Alteroche, 2014 ; Audren, Chambost, Halpérin, 2020), un réflexe pour les historiens ou, à tout le moins, un préalable vivement recommandé à toute étude. L’écriture de l’histoire du droit est devenue en elle-même un champ de recherche pour mieux y déceler la fabrique des notions et des récits qui structurent une discipline à la confluence de la méthode historique et des études juridiques[1].

Si depuis ce renouveau méthodologique, les regards critiques sur l’histoire juridique n’ont cessé de progresser – en témoigne la création de la présente revue en 2011 –, quelques champs demeurent insuffisamment explorés, au moins en comparaison avec l’histoire telle qu’elle est faite et enseignée dans les facultés de lettres. La manière dont l’on nomme « nos » époques en fait partie. En 2020, Dominique Kalifa faisait paraître Les noms d’époque[2], réflexion centrée sur les chrononymes utilisés en histoire contemporaine. Précédé par d’illustres devanciers sur ce thème – Bloch sur le « Moyen Âge » (1949), Febvre sur la « Renaissance » (1950), Furet sur « l’Ancien régime » (1988) –, Kalifa avait lui-même préalablement produit d’utiles réflexions sur la notion de « Belle époque » (2017a) ou de « Second Empire » (2017b). Les manières dont l’on qualifie les périodes ou les évènements utilisées dans un champ disciplinaire, de même que les usages qui en sont faits, sont riches d’enseignements sur le discours historique lui-même. Les questions des représentations, ou même des stéréotypes, attachées aux « noms d’époque », « charri[ent] avec elle[s] tout un imaginaire, une théâtralité, voire une dramaturgie, qui peuvent en gauchir l’historicité propre et donc le sens »[3].

Sans vouloir importer tel quel ce débat historiographique, le présent appel à contributions entend questionner l’usage – ou les mésusages même – des chrononymes dans le champ disciplinaire de l’histoire du droit. Il ne s’agit toutefois pas ici d’étudier la périodisation au sens strict qui peut renvoyer à des débats sur des bornes chronologiques ou sur la pertinence de l’existence de bornes historiques. Il s’agit plutôt, dans le champ de l’histoire générale du droit ou dans des domaines plus restreints (histoire des institutions, histoire du droit privé, histoire de la pensée juridique, etc.), de revenir sur les constructions intellectuelles qui ont pu structurer notre discipline, qui peuvent la structurer encore ou qui devraient la structurer demain. La construction et la circulation des chrononymes n’étant pas strictement cantonnées à la France, une perspective européenne est envisagée.  À ces égards, plusieurs sous-questions pourraient être abordées :

1°) Comment et pourquoi l’histoire du droit a-t-elle dégagé des chrononymes propres à son champ disciplinaire ? De grands débats ont déjà pu être menés sur la dénomination des périodes du droit romain – période archaïque, période classique, période postclassique – en particulier sur l’usage du terme « postclassique », utilisé au début du xxe siècle par Paul-Frédéric Girard et Paul Collinet, mais aujourd’hui délaissé pour l’usage de « droit romain tardif ». L’article « Le droit intermédiaire. Posture juridique, imposture politique et vacuité d’une convention » d’Éric de Mari a lui aussi fourni un cadre de réflexion novateur sur cette catégorie qui agissait « comme un stéréotype » (De Mari, 2011). Aussi, ne parle-t-on pas communément de « la renaissance du droit romain » bien que l’expression, a priori de Declareuil, soit contestée, de « l’âge classique du droit canonique » (Gaudemet, 1994), même de « l’âge d’or du droit international » (Larnaude), de la « naissance du droit français » (Thireau, 1990) ou encore de la « grande parenthèse libérale (de l’expropriation) » (Harouel, 2000) ? Les métaphores des « moments », des « naissances », des « âges », des « nuits », des « révolutions », « des tournants » du droit sont mobilisées ici ou là pour rendre intelligible un temps historique insaisissable. Les juristes actuels usent de dénominations qui resteront peut-être telle l’« ère du droit des générations futures » (Gaillard, 2019), la « renaissance féodale » (Supiot, 2007 ; Legendre, 1997), ou l’« heure de la mondialisation du droit » (Delmas-Marty, 2013). Le réemploi des catégories dégagées par les historiens du droit par des historiens d’autres champs disciplinaires suscite autant de questionnements : quelles réceptions du travail de l’historiographie juridique en dehors des facultés de droit ? Quels enjeux de traduction d’un phénomène social par des « mots » juridiques ?

2°) Quelles sont les appropriations de chrononymes inventés en histoire générale par les historiens du droit ? Par quels accommodements avec la science historique, les juristes écrivant sur l’histoire ont-ils réutilisé les noms d’époque communs dans leur historiographie ? Des catégories existantes depuis longtemps ou des catégories émergentes ont ainsi pu être utilisées pour situer l’histoire du droit dans une chronologie générale ou pour insister sur l’analogie entre un mouvement social donné et un mouvement juridique. Ainsi, on peut rencontrer d’une part des usages de chrononymes généraux comme Moyen Âge, Période moderne, Premier Empire, ou Ve République, récemment le « moment 1900 » (Jamin, 2003 – Hakim & Melleray, 2009 – Jouanjan & Zoller, 2015). L’emploi de catégories utilisées dans d’autres champs disciplinaire – histoire de l’art, histoire des sciences, histoire de la philosophie – par les historiens du droit peut également susciter l’intérêt. De manière plus significative, on observe d’autre part des adaptations de chrononymes déjà existants, telles « première modernité juridique » (Thireau, 2004), « La Belle époque des juristes catholiques » (Audren, 2008), « post-modernité juridique » (Grossi, 2018), « Novecento giuridico » (Grossi, 2012), ou le « temps des cathédrales [doctrinales] » (Burdeau, 1995). Mêmes inspirés, ces deux types de dénominations demeurent propres aux juristes qui opèrent des choix quant à la réutilisation d’une appellation déjà existante ou à la mobilisation d’une nuance – qui parfois s’exprime par le seul adjectif « juridique » – qui emporte avec elle un nouveau sens. Lorsqu’une appellation générale est reprise, ne s’empêche-t-on pas de saisir le propre d’un mouvement du droit en dehors des évolutions politiques, sociales et économiques ? Lorsqu’une adaptation est à l’œuvre, n’est-ce pas la traduction d’un léger déplacement qui charrie avec lui une nouvelle définition d’un moment juridique ? En tout état de cause, ces questions recouvrent l’interrogation fondamentale de l’identité de la temporalité juridique au regard de la temporalité sociale.

3°) Comment faire le départ entre la dénomination d’une période ou d’un évènement et la qualification donnée à un système juridique ? L’histoire du droit a, à cet égard, une singularité dans la mesure où, par la même opération intellectuelle, elle tente de qualifier la chronologie et de caractériser un système juridique dans son entier. Le cas typique est celui de l’« Ancien Régime », à la fois période aux bornes discutées et notion qui renvoie à un état du droit donné. Le maintien du chrononyme « Ancien Régime » dans la recherche en droit au préjudice de l’emploi de « modernité » ou « période moderne » tel qu’il s’est imposé de longue date dans les facultés d’histoire est significatif à la fois d’un confort face à une expression qui embrasse une période et un système et d’un inconfort face à l’émergence de nouvelles dénominations. L’ouvrage de Jean-Pierre Poly et Éric Bournazel, La mutation féodale (xe-xiie siècle), et les discussions qu’il a pu suscitées, renvoie à cette recherche d’une expression couvrant une période et un système juridique donné. L’emploi très longtemps généralisé de l’expression « droit intermédiaire » comme dénomination d’un système – celui du droit de la Révolution – et d’une période – 1789-1804 – répondait aux mêmes impératifs méthodologiques (De Mari, 2011). La singularité du processus d’écriture de l’historien du droit peut, ici, être interrogée. On observe le même réflexe pour qualifier une pensée juridique qui caractérise la société des juristes d’un moment donné tout en qualifiant une époque au sens plus large. C’est le cas de l’expression « constitutionalisme » qualifiant autant un courant de pensée qu’un temps de l’histoire constitutionnelle. Certaines notions telles l’« absolutisme », le « positivisme », le « post-modernisme » ont pu recouvrer de pareilles ambiguïtés. Parfois la notion déborde dès lors qu’elle devient période, et tout le moment juridique se trouve embarqué dans un mouvement intellectuel qui lui est plus restreint. Là encore, on peut interroger ce réflexe d’écriture.

 

En tout état de cause, le présent dossier n’a pas vocation à critiquer, dénoncer, voire accuser des usages. L’emploi de chrononymes est inhérent au travail de l’historien qui doit se faire traducteur et pédagogue des périodes passées pour un lectorat présent. Il ne faut évidemment pas perdre de vue que l’emploi de chrononymes n’a pas la même fonction dans le cas de l’enseignement de l’histoire du droit et dans le cas de la recherche. Ils peuvent être légitimes dans le premier cadre et exagérés dans le second. À l’inverse, ils peuvent être éclairants pour un public érudit et créer en même temps de la confusion pour des étudiants. Tout en considérant cela, on ne peut perdre de vue qu’il y a une nécessaire porosité entre les mots utilisés par l’enseignant et ceux utilisés par le chercheur. En raison de leurs fonctions différentes – pédagogiques pour les unes et scientifiques pour les autres –, ces chrononymes n’ont pas à se confondre. Pour autant, on le sait, par habitude, par commodité, ils sont parfois utilisés indistinctement. Dans le même ordre d’idées, on constate un développement de chrononymes dans le cadre de projets de recherche afin de répondre aux exigences de synthèse – voire de vulgarisation – d’appels à projets. Le grand programme de recherche « Genèse de l’État moderne » initié en 1984 par Jean-Paul Genet, et auquel ont contribué avec importance plusieurs historiens du droit, dont André Gouron, Jacques Krynen et Albert Rigaudière, a substantiellement contribué à une révision de l’historiographie tout en dégageant un chrononyme métaphorique de « la genèse » de l’État et en à l’attachant à la périodisation 1250-1350.

On doit donc pouvoir étudier, à notre sens, la manière dont on a écrit l’histoire du droit, dont on peut l’écrire aujourd’hui et comment on pourrait l’écrire demain. Ainsi, des contributions questionnant l’émergence et la postérité de catégories déployées par des historiens du droit des périodes anciennes seront accueillies. D’où viennent certains chrononymes ? Quelle circulation entre les historiographies juridiques allemandes, italiennes, anglaises, néerlandaises, belges, suisses, espagnoles et françaises au cours des xviiie, xixe et xxe siècle ? D’autres contributions pourraient interroger l’emploi actuel de certains chrononymes, autant dans la recherche que dans l’enseignement. Pourquoi les historiens du droit s’accordent – voire s’obstinent – encore à employer le terme « Ancien Régime » ? Quelles sont les évolutions récentes internes à l’histoire du droit sur ce sujet ? En quelques années, « le droit intermédiaire » ou « la période postclassique » du droit romain ont laissé la place à de nouvelles dénominations. Enfin, des contributions pourraient, dans un esprit prospectif, proposer certaines évolutions et ouvrir ainsi le débat historiographique. Le travail d’historien ne peut se faire sans ces catégories de temps, ce qui peut impliquer une réflexion sur les catégories futures, ou bien dans un esprit d’autonomisation de la discipline, ou bien dans un esprit de corrélation avec d’autres disciplines. Des contributions plus générales embrassant le phénomène de dénomination des périodes comme instrument méthodologique peuvent aussi être reçues. Le propos peut être porté sur l’histoire du droit de manière générale, mais aussi sur des matières spécialisées à la chronologie qui leur est propre : histoires du droit privé, du droit pénal, droit administratif, de la pensée juridique, etc.

Différents terrains d’enquête sont identifiés tels que les articles ou ouvrages passés, les manuels à destination des étudiants, les polycopiés de cours, etc. Le dossier ne se limite pas à l’histoire du droit écrite par les historiens de la « section 03 » du CNU, car on peut comprendre l’histoire du droit dans un sens plus large. De même, parce qu’il est question d’interroger les usages et pratiques de l’histoire du droit française, des études comparées sur d’autres traditions universitaires – sur leur réception en France ou sur leur autonomie – sont les bienvenues.

 

 

 

Modalités de soumission des articles

 

Les propositions de contribution, comprenant un résumé de 250 mots, doivent être envoyées à jerome.henning@ut-capitole.fr avant le 28 février 2026. La sélection des contributions sera faite en mars 2026.

 

 

Journée d’études et de discussion des articles

 

Les articles écrits en vue de leur soumission au processus de publication à Clio@Themis seront discutés au cours d’une journée d’études consacrées au thème des chrononymes en histoire du droit qui sera organisée à l’université Toulouse Capitole, au sein du Centre Toulousain d’Histoire du droit et des idées politiques, le 21 novembre 2026.

 

Calendrier de publication

 

Les contributions (en anglais ou en français) seront soumises à la revue Clio@Themis pour publication. Elles feront l’objet d’une évaluation en double aveugle dans le cadre du dossier du numéro 33|2027, selon le calendrier suivant :

  • Remise des articles au 1er décembre 2026.
  • Première évaluation des articles lors du comité de janvier 2027.
  • Remise des articles corrigés au 1ᵉʳ mai 2027.
  • Seconde évaluation des articles lors du comité de juin 2027.
  • Remise définitive des articles au 15 septembre 2027.
  • Parution en novembre / décembre 2027.

Les contributeurs et contributrices sont invités à lire attentivement la présentation de la revue et les instructions aux auteurs disponibles sur le site de Clio@Themis : https://journals.openedition.org/cliothemis/

 

Bibliographie indicative

 

1)    Audren (Frédéric), « La Belle époque des juristes catholiques (1880-1914) » (2008), Revue française d’histoire des idées politiques, n° 28, p. 233-271.

2)    Audren (Frédéric), Chambost (Anne-Sophie) et Halpérin (Jean-Louis) (2020), Histoires contemporaines du droit, Dalloz, 312 p.

3)    Bloch (Marc) (1949), Apologie pour l’histoire ou Métier d’historien, Armand Colin, 110 p.

4)    Burdeau (François) (1995), Histoire du droit administratif, PUF, 512 p.

5)    Delmas-Marty (Mireille) (2013), Le travail à l’heure de la mondialisation du droit, Bayard, coll. Collège de France, 114 p.

6)    De Mari (Éric) (2011), « Le droit intermédiaire. Posture juridique, imposture politique et vacuité d’une convention », La Révolution française, n° 5.

7)    Febvre (Lucien) (1992), Michelet et la Renaissance, 1942-1943, Flammarion, 404 p.

8)    Furet (François) (1988), « Ancien Régime », Dictionnaire critique de la Révolution française, Flammarion, p. 627-637.

9)    Gaillard (Émilie) (2019), « L’entrée dans l’ère du droit des générations futures », Les cahiers de la Justice, vol. 3, n° 3, p. 441-454.

10)  Gaudemet (Jean) (1994), Église et Cité. Histoire du droit canonique, Cerf Montchrestien, 740 p.

11)  Grossi (Paolo) (2018), « Vingtième siècle : la redécouverte de l’historicité du droit », Clio@Themis, n° 14.

12)  Grossi (Paolo) (2012), Introduzione al Novecento giuridico, éd. Laterza, 150 p.

13)  Hakim (Nader) et Melleray (Fabrice) (2009), « La Belle Époque de la pensée juridique française », Le renouveau de la doctrine française. Les grands auteurs au tournant du XXe siècle, Dalloz, p. 1-12.

14)  Halpérin (Jean-Louis) (2001), « L’histoire du droit constituée en discipline : consécration ou repli identitaire ? », Revue d’histoire des sciences humaines, n° 4, p. 9-32.

15)  Halpérin (Jean-Louis) (2010), « Le droit et ses histoires », Droit et Société, n° 75, p. 295-313.

16)  Harouel (Jean-Louis) (2000), Histoire de l’expropriation, PUF, 128 p.

17)  Jamin (Christophe) (2003), « Dix-neuf-cent : crise et renouveau dans la culture juridique », Dictionnaire de la culture juridique, PUF, p. 380-384.

18)  Jouanjan (Olivier) et Zoller (Élisabeth) (dir.) (2015), Le « Moment 1900 ». Critique sociale et critique sociologique du droit en Europe et aux États-Unis, éd. Panthéon-Assas, 384 p.

19)  Kalifa (Dominique) (2017a), La véritable histoire de la Belle époque, Fayard, 296 p.

20)  Kalifa (Dominique) (dir.) (2017b), « Le “Second Empire” a-t-il existé ? », Histoire, Économie, Société, vol. 36, n° 3, p. 4-71.

21)  Kalifa (Dominique) (dir.) (2020), Les noms d’époques. De « Restauration » à « années de plomb », Gallimard, 351 p.

22)  Krynen (Jacques) et d’Alteroche (Bernard) (2014), L’Histoire du droit en France. Nouvelles tendances, nouveaux territoires, Classiques Garnier, 596 p.

23)  Legendre (Pierre) (1997), « Remarques sur la re-féodalisation de la France », Études en l’honneur de Georges Dupuis, LGDJ, p. 201-211.

24)  Melleray (Fabrice), « Les historiens du droit administratif sont-ils encore plus positivistes que les administrativistes ? », Clio@Themis, n° 14.

25)  Poly (Jean-Pierre) et Bournazel (Éric) (2004), La mutation féodale (Xe-XIIe siècle), PUF, coll. Nouvelle Clio, 496 p.

26)  Poumarède (Jacques) (1992), « Penser l’absolutisme. Approche historiographique des ouvrages pédagogiques en histoire des institutions françaises », De la Res publica a los Estados Modernos, Servicio Editorial de la U.P.V., p. 261- 274.

27)  Poumarède (Jacques) (dir.) (2006), Histoire de l’histoire du droit, EHDIP, Presses de l’Université Toulouse Capitole, 499 p.

28)  Slimani (Ahmed) (2011), « La place de la Révolution française dans les manuels et cours polycopiés “d’histoire des idées politiques” au XXe siècle », Cahiers poitevins d’histoire du droit, 3e cahier, n° 1, p. 273-293.

29)  Slimani (Ahmed) (2017), « La pré-révolution française (1787-1789) dans les manuels français d’histoire du droit et des institutions de 1945 à nos jours », Cahiers poitevins d’histoire du droit, 8e-9e cahiers, n° 1, p. 93-107.

30)  Supiot (Alain) (2007), « Les deux visages de la contractualisation : déconstruction du droit et renaissance féodale », Approche critique de la contractualisation, S. Chassanard-Pinet et D. Hiez (dir.), LGDJ, p. 19-44.

31)  Thireau (Jean-Louis) (1990), « Le comparatisme et la naissance du droit français », Revue d’histoire des Facultés de droit et de la science juridique, n° 10, p. 153-191.

32)  Thireau (Jean-Louis) (2004), « Aux sources de la modernité juridique », Droits, n° 40, p. 157-162.

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] Ce mouvement avait abouti, en 2005, à la tenue par la Société d’Histoire du droit avait mis ce thème à son agenda en suscitant une Histoire de l’histoire du droit (Poumarède, 2006).

[2] D. Kalifa (dir.), Les noms d’époques. De « Restauration » à « années de plomb », Paris, Gallimard, 2020, 351 p.

[3] Ibid., p. 9.

24 September 2025

BOOK: Miloš VEC, Wolfgang Preiser (1903–1997) und sein „Institut für Geschichte des Völkerrechts“ an der Universität Frankfurt. Denkräume und Sozialwelten eines Völkerrechtshistorikers im 20. Jahrhundert [Studien zur Geschichte des Völkerrechts, eds. Jochen VON BERNSTORFF, Bardo FASSBENDER, Anne PETERS & Miloš VEC] (Baden-Baden: Nomos Verlag, 2025), 267 p. ISBN ISBN 978-3-7560-2319-6, € 89

 



(image source: Nomos)

Abstract:
Wolfgang Preiser (1903-1997), professor of criminal law and international law, founded the “Institute for the History of International Law” at the University of Frankfurt in 1955. This biography tells the story of Preiser's life and interprets his work, drawing on archival research and interviews. Preiser was particularly interested in the origins of international law. He retained a lifelong fascination for its earliest evidence in the Middle East. In his later work, Preiser devoted himself to non-European regions of the world and the manifestations there of what he recognized as international law. The study is therefore also a contribution to the concept of international law and the problems of its historical research beyond Eurocentrism.

 Read more here.


25 June 2025

JOURNAL: Special Issue "The Turn to Historiography in International Law" (eds. Thomas KLEINLEIN and Jean d'ASPREMONT) (Journal of the History of International Law/Revue d'histoire du droit international XXVII (2025), nr. 1)

 

(image source: Brill)

Editorial: Bridging Past and Future. A New Chapter for JHIL (Raphael Schäfer & Inge Van Hulle)
DOI 10.1163/15718050-bja10125

The Turn to Historiography in International Law: Limitations and New Horizons (Thomas Kleinlein & Jean d'Aspremont)
DOI 10.1163/15718050-bja10120
Abstract:
This article, for the sake of introducing the contributions to the special issue that follows, revisits some of the key scholarly controversies that have punctuated the last decades of debates and critiques of the histories of international law. Commonly called the ‘turn to history’, this special issue construes this development rather as a historiographical turn. Particular attention is paid to the kinship between the historiographical turn and postcolonial critiques of international law, the relationship between the historiographical turn and the increased interest in the history of international law scholarship, and the relationship between such historiographical appetite and the idea of presentism. Finally, and before introducing the contributions to this special issue, this essay floats the idea of a post-progressive approach to the history of international law, with a view to creating new spaces for the renewal of the never-ending critique and rewriting of the histories of international law.

The ‘Narrative Turn’ and Its Limits (Felix Lange) 
DOI 10.1163/15718050-bja10117
Abstract:

This article explores the implications of the ‘narrative turn’ for the history of international law. It refers to the epistemological and methodological debate about narrative elements in historical writing and examines how claims about ‘history as fiction’ have been received in writings on the history of international law. It uses Reinhart Koselleck’s concept of the ‘veto power of sources’ as a means of addressing the ‘narrative turn’ and its implications. As an example, the article points to the methodological flaws of Vladimir Putin’s historical justification of Russian aggression against Ukraine.

The Narrative Fragmentation of International Legal History (Ryan Martínez Mitchell)
DOI 10.1163/15718050-bja10121
Abstract:

The historiography of international law is highly pluralistic and resistant to unifying master narratives. This pluralism is reflected in diverging authorial strategies. To categorise such strategies, this article borrows Hayden White’s typology of ‘emplotments’, or narrative logics, as a useful method of classification. As the article shows, leading accounts of international law’s history have often involved conflicting forms of subjective identification with protagonists and forces. This article also suggests that the turn from a relatively homogenous understanding of international legal history to one characterised by inescapable fragmentation can be dated to the geopolitical, ideological, and cultural transitions of the 1950s-60s. Entrenched ideological conflict and decolonization resulted in a stubbornly diverse historiography that remains the essential condition of the field today. For modern historians of international law, it is crucial to recognise this narrative fragmentation as well as the resulting choices it imposes upon authors making sense of the past.

Recovering the Radical Tradition in the International Legal History of Decolonisation (Tor Krever)
DOI 10.1163/15718050-bja10119
Abstract:

Despite growing interest in the international legal history of decolonisation, significant elisions remain. Through a ‘symptomatic reading’ of recent engagements with that history, this article argues that such work contributes to an erasure of the Marxist tradition in the history of the Third World movement. It argues that Marxism and a Marxist theory of imperialism were important influences on anti-colonial political thought and practice, while also shaping radical Third World lawyers’ attitudes towards the relationship between international law and imperialism and the uses and limits of the former in challenging the latter. Against the erasure of this tradition, the article calls for a recovery of silenced histories of radicalism and anti-imperial thought and of a tradition that still offers resources for an emancipatory politics grounded in a critique of international law, imperialism and global capitalism.

Authorial Labour in the Postcolonial Historiography of International Law (Michele Tedeschini)
DOI 10.1163/15718050-bja10118 
Abstract:

The article draws on the psychoanalysis of Jacques Lacan to offer an alternative reading of three texts that exemplify a postcolonial trend in the historiography of international law. These texts are Antony Anghie’s 2005 Imperialism, Sovereignty, and International Law; Rose Parfitt’s 2019 The Process of International Legal Reproduction; and Luis Eslava, Michael Fakhri, and Vasuki Nesiah’s introduction to the 2017 volume Bandung, Global History, and International Law. Disregarding the merits of the historical accounts they offer, the article draws on these text to show (i) that postcolonial historiographers of international law construct their own authorial selves as they reconstruct the past; and (ii) that this procedure, which is informed by desire, turns every (postcolonial) history into a personal history.

Futurism: Neglected Histories of International Law (Rebecca Mignot-Mahdavi)
DOI 10.1163/15718050-bja10122
Abstract:

This contribution proposes to unearth, scrutinise, and possibly disrupt futuristic moves in international law. Existing scholarship has demonstrated that the narrative technology of historicisation in international legal scholarship typically adheres to a linear and unidirectional temporality. This sequence, it is argued here, progresses not solely from the past to the present but also extends from the past and present towards the future. This significant step has been overlooked thus far. The article demonstrates that futuristic moves in international law not only fit within the linear and unidirectional approaches to time and international law but are also intimately linked with a celebration of human agency and of international lawyers’ capacity to act upon and fix future crises. Futuristic moves, however, are not solely future-oriented as they might appear. They are, the article shows, a narrative technology to govern the present. This narrative technology, to date, has mainly perpetuated existing power structures and historical modes and modalities of domination and oppression. The article suggests that inspiration is to be found in Afrofuturist movements as a source for counternarratives to disrupt the current use of futurism as a narrative technology of continuity, governance and oppression.

 Book reviews

  • Investment Law’s Alibis: Colonialism, Imperialism, Debt and Development, written by David Schneiderman (Oliver Hailes)
  • Portraits of Women in International Law: New Names and Forgotten Faces?, edited by Immi Tallgren (Aden Knaap)
Read the full issue here.

21 May 2025

CALL FOR PAPERS: XVI Coloquio Internacional de historiografía europea y XII Jornadas de estudios sobre la modernidad clásica (Mar del Plata: Universidad Nacional de Mar del Plata, 26-28 NOV 2025) [DEADLINE 30 JUN 2025]

Universidad Nacional de Mar del Plata

Facultad de Humanidades

Departamento de Historia – CEHIS

 

XVI COLOQUIO INTERNACIONAL DE HISTORIOGRAFÍA EUROPEA Y

XIII JORNADAS DE ESTUDIOS SOBRE LA MODERNIDAD CLÁSICA

 

Mar del Plata, 26, 27 y 28 de noviembre de 2025

 

 



 

 

 

 

El Coloquio es organizado por el Grupo de Investigación en Historia de Europa Moderna dirigido por la Dra. María Luz González Mezquita y da continuidad a los realizados en anteriores oportunidades sobre temáticas relacionadas con la Modernidad clásica, con especial incidencia en el área hispana. Es importante destacar que se trata del único evento científico que se realiza centrado en este período en el país y que su relevancia se ha puesto de manifiesto en las quince reuniones anteriores, tanto por el elevado número de asistentes promedio (300) en cada una de ellas, procedentes de todo el país y del exterior, como por las disertaciones de reconocidos especialistas nacionales y extranjeros que han sido incluidas en la edición de las Actas de los Coloquios realizados.

 

 

Modalidad:                                                                           

Panel inaugural.

Conferencias magistrales.
Presentación de la edición de los resultados del Coloquio 2023.

Presentación de libros editados durante 2024 y 2025.

 

Las sesiones se realizarán en forma presencial y se admitirán eventuales exposiciones virtuales.

 

CONVOCATORIA

 

1-    1-MESAS GENERALES (para lectura de propuestas, avances y debates de investigaciones cada participante tendrá 20 minutos de lectura)

·       Poderes, conflictos y consensos

·       Religión, actores y procesos

·       Historias conectadas

·       Problemas de Historia Cultural

·       Historiografía: debates y perspectivas

·       Economía y sociedad

 

2- Se aceptarán propuestas de mesas sobre temas específicos: los coordinadores deberán enviar el tema, integrantes (hasta 6 con 15 minutos de exposición cada uno) y fundamentación.

 

3-    3- Presentación de Publicaciones recientes (2024-2025): consignar título completo de la obra a presentar y los investigadores propuestos para la actividad.

 

Este Coloquio tiene como objetivos principales:

-Poner al alcance la comunidad universitaria y no universitaria, distintos temas relacionados con las investigaciones y tendencias de la historiografía europea moderna en la actualidad.

-Transmitir a la comunidad algunos resultados de la tarea llevada a cabo por el Grupo de Investigaciones en Historia de Europa Moderna cuyo proyecto de investigación ha sido subsidiado por la Secretaría de Investigación y Posgrado de nuestra Universidad, poniendo de manifiesto los aspectos que se han trabajado en función de algunos de los fines propuestos: a-programa de investigadores visitantes; b-programa de enlace con Universidades y centros de universidades nacionales y extranjeros; c-programa de extensión promoviendo la articulación con distintos niveles de la enseñanza y difusión de las tareas desarrolladas; d-programa de desarrollo de proyectos de trabajo individuales y su articulación en torno al proyecto de investigación vigente: “La Monarquía de España (XVI-XVIII): Construcción de saberes políticos, mecanismos de poder e interacciones en un mundo global”, y; e- mostrar una parte de los resultados obtenidos en las investigaciones que el grupo viene desarrollando desde su creación.

 

Coordinación general: María Luz González Mezquita (UNMdP)

 

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CRITERIOS DE PRESENTACIÓN DE TRABAJOS

 

 

LOS ABSTRACTS se reciben hasta el 30 de Junio de 2025. Para ello, debe enviarse un resumen de 250 palabras, en formato Word 2003, con letra Times New Roman tamaño 12, a: coloquiohistoriamoderna2025@gmail.com El texto irá encabezado por los siguientes datos: título de la ponencia, nombre y apellido del autor, cargo e institución a la cual pertenece, mesa temática, E-mail, teléfono y dirección postal.

En el caso de la presentación por parte de estudiantes avanzados, deberán acompañar su abstract con el aval de un docente.

Importante: sólo se aceptará 1 (un) trabajo de autoría por participante.

Junto con la propuesta debe remitirse un CV del autor/a de un máximo de 5 (cinco) líneas.

 

LAS PONENCIAS: Quienes deseen publicar sus ponencias en las Actas del Congreso deberán presentarlas en la fecha estimada del 31 de Octubre de 2025. Los trabajos no podrán exceder las 9 páginas (con notas a pie de página). Los mismos deberán redactarse en Word, letra Times New Roman, tamaño 12, a un espacio y medio, con márgenes normales (superior e inferior a 2,5 cm y derecho e izquierdo a 3 cm). SIN VERSALITAS Los textos se recibirán en la dirección coloquiohistoriamoderna2025@gmail.com

 

CONSULTAS:     coloquiohistoriamoderna2025@gmail.com

 

 

ARANCELES:

 

Expositores nacionales:         $10.000,00 (diez mil pesos).  

Ponentes desde el exterior:    consultar.

Asistentes con certificado:     $5000,00 (cinco mil pesos).

Estudiantes de grado (asistentes): sin cargo.

 


12 March 2025

CONFERENCE: Gian Piero Bognetti, intellettuale nella Milano del Novecento. Note dal Fondo Bognetti conservato all’Istituto Lombardo (Milan: Istituto Lombardo Accademia di Scienze e Lettere; 21 MAR 2025 h. 9:30) [ONLINE]


La donazione da parte della famiglia all’Istituto Lombardo Accademia di Scienze e Lettere del Fondo Bognetti, nella sua articolata composizione, è l’occasione per ripensare e ricordare il percorso di studioso e ricercatore ‘curioso’ di Gian Piero Bognetti, appartenente ad una famiglia di educatori, di cui si ripercorrono le origini ottocentesche. Grande storico del diritto, come dimostra il suo incessante e originale lavoro scientifico, Gian Piero Bognetti è soprattutto un intellettuale, ricchissimo di interessi: dalla storia alla storia dell’arte, dall’archeologia alla letteratura, egli si rivela capace di costruire nella Milano del Novecento demi siècle una rete di relazioni con uomini di cultura nell’ambiente ambrosiano, nell’Italia di allora e al di là delle Alpi.

THE EVENT WILL TAKE PLACE IN HYBRID MODE: In person at the Sala Adunanze of the Istituto Lombardo, located at Via Brera 28, Milan, and online, according to the details provided in the flyer.


PROGRAMME

09:30 - Saluti introduttivi 

  • Stefano Maiorana (Presidente Istituto Lombardo)

 09:40 - Prima sessione

Presiede Gigliola di Renzo Villata (Istituto Lombardo, Università degli Studi di Milano)

  • Antonio Padoa Schioppa (Istituto Lombardo, Università degli Studi di Milano): Gian Piero Bognetti e la storia del diritto
  • Gianmarco Gaspari (Istituto Lombardo, Università degli Studi dell’Insubria): Bognetti e il giovane Manzoni
  • Marco Sannazaro (Università Cattolica del Sacro Cuore di Milano): Gian Piero Bognetti e Castelseprio: un rapporto di affetto e scienza
  • Gian Maria Varanini (Deputazione di storia patria per le Venezie, Università degli Studi di Verona): Bognetti e il mondo veneziano

11:30 - Seconda sessione 

Presiede Antonio Padoa Schioppa (Istituto Lombardo, Università degli Studi di Milano)

  • Gigliola di Renzo Villata (Istituto Lombardo, Università degli Studi di Milano): Gian Piero Bognetti e la sua corrispondenza: l’amplissima rete di relazioni di un intellettuale nella Milano demi siècle 
  • Simonetta Polenghi, Valentina Chierichetti (Università Cattolica del Sacro Cuore di Milano): L’impegno educativo della famiglia Bognetti a Milano tra Otto e primo Novecento
  • Rita Pezzola (Istituto Lombardo): Il Fondo Bognetti all’Istituto Lombardo Accademia di Scienze e Lettere


More information can be found here


28 February 2025

BOOK: Randall LESAFFER & Anne PETERS (eds.), The Cambridge History of International Law. Volume 1. The Historiography of International Law [Part of The Cambridge History of International Law] (Cambridge: Cambridge University Press, 2025), 456 p., ISBN 9781108487696, £120.00





Abstract:

Volume I of The Cambridge History of International Law introduces the historiography of international law as a field of scholarship. After a general introduction to the purposes and design of the series, Part 1 of this volume highlights the diversity of the field in terms of methodologies, disciplinary approaches, and perspectives that have informed both older and newer historiographies in the recent three decades of its rapid expansion. Part 2 surveys the history of international legal history writing from different regions of the world, spanning roughly the past two centuries. The book therefore offers the most complete treatment of the historical development and current state of international law history writing, using both a global and an interdisciplinary perspective. 

Table of contents:

1. Scope, scale and humility in the history of international law Randall Lesaffer

Part I. The Historiography of International Law: Methods and Approaches Randall Lesaffer and Anne Peters

2. A thousand flowers blooming, or the desert of the real? International Law and its many problems of history Nehal Bhuta

3. Political thought and the historiography of international law Mark Somos

4. The turn to the history of international law in the discipline of international relations Giovanni Mantilla and Carsten-Andreas Schulz

5. Economic history and international law: a peculiar absence Christopher Casey

Part II. The Historiography of International Law: Regional Traditions Randall Lesaffer and Anne Peters

6. The historiography of international law in East Asia Keun-Gwan Lee

7. The historiography of international law in sub-Saharan Africa Inge Van Hulle

8. The historiography of international law on the European continent Frederik Dhondt

9. The historiography of international law in Russia and its successor states Lauri Mälksoo

10. 'The most neglected province': British historiography of international law David Armitage and Ignacio de la Rasilla

11. The view from the Leviathan: history of international law in the hegemon John Fabian Witt

12. Using history in Latin America Arnulf Becker Lorca

Index.

More information here: DOI 10.1017/9781108767651.