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21 July 2018

SSRN PAPER: Timothy Louis SCHROER, Multinormativity in Western Arguments Regarding Punishment of the Boxers and their Patrons, 1900-1901 [Max Planck Institute for European Legal History Research Paper Series No. 2018-07]


(image source: Github)

Abstract:
Westerners applied multiple normative frameworks in debating policy toward China in the wake of the Boxer Uprising in 1900 and 1901. They variously claimed that treatment of China should be governed by the rules of international law, a code of honor, Christian teachings, the judgment of history, or ill-defined norms of civilization. At other times, however, Westerners called for violence against the Chinese without any meaningful normative basis. The law and the legal discipline have an imperializing character, as the law conceptually tends to subordinate other normative frameworks to itself and integrate them into its own normative order, dubbed law. The debate concerning China in 1900 illustrates that legal norms were inextricably and complexly entangled with other norms. It suggests that legal historians, if they are to grasp the past in its full richness, should attend to multiple normative frameworks beyond the law, since legal history cannot be divorced from its wider context. Moreover, scholars applying the lens of multinormativity should recognize that, at some point, norms end and a-normative arguments begin.
Read the full paper here.
(source: ESILHIL Blog)

20 July 2018

JOB: Senior Lecturer in Law, University of Sheffield (DEADLINE 16 AUGUST 2018)



The University of Sheffield has an application for a Senior Lecturer in Law. The advertisement at jobs.ac.uk mentions that the university is “particularly keen to attract applicants with expertise” in i.a. constitutional history.

Are you interested in working for a world top 100 University?

The University of Sheffield’s School of Law is a large and diverse law school with an international reputation for excellence in research, for the expertise of its staff, and the achievement of its graduates. The School’s vision is to advance the inter-disciplinary understanding of law, socio-legal studies and criminology globally, combining outstanding academic research with innovative research-led and practice-led teaching. Our website offers more information about all aspects of the School’s activity. Please see http://www.sheffield.ac.uk/law

This is an opportunity to join an ambitious law school that aims to produce world-class research and students who can flourish in a rapidly changing world. You will be a dedicated scholar and teacher who is prepared to make a lasting contribution to the School. This is an open position, but we are particularly keen to attract applicants with expertise in one or more of the following areas:

UK constitutional law
UK administrative law
Comparative public law
Constitutional history
Constitutional theory

You will have a good first degree and a PhD in a relevant subject area (or have equivalent experience).  You must have proven teaching ability, evidence of sustained and continuing research performance and excellent communication skills.

The successful applicant will carry out research, deliver research-led teaching at undergraduate and postgraduate level, and supervise master’s dissertations and PhD theses in one or more of these areas.
The School is also keen to recruit candidates who will contribute to its ‘internationalisation’ and civic engagement agendas. Networks of contacts outside of the UK would be an advantage.

You will join over 70 academic and teaching staff and a large professional support team. The total student body numbers around 1,200 undergraduates and more than 200 postgraduates. The School has a dedicated home in Bartolome House, a Grade II listed building, close to the main campus and library with easy access to the centre of Sheffield.

We’re one of the best not-for-profit organisations to work for in the UK. The University’s Total Reward Package includes a competitive salary, a generous Pension Scheme and annual leave entitlement, as well as access to a range of learning and development courses to support your personal and professional development.

We build teams of people from different heritages and lifestyles from across the world, whose talent and contributions complement each other to greatest effect. We believe diversity in all its forms delivers greater impact through research, teaching and student experience.

Follow @sheffielduni and @ShefUniJobs on Twitter for more information about what makes the University of Sheffield a remarkable place to work.

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CALL FOR PAPERS: Congrès - Archives urbaines. Congrès de la Société Française d’Histoire Urbaine (Créteil), DEADLINE 15 OCTOBER 2018



Via Portail universitaire du droit, we learned of a call for papers for a conference on urban archives. Here the call:

Archives urbaines. Congrès de la Société Française d’Histoire Urbaine
Archives départementales du Val-de-Marne, 24-25 janvier 2019
Date limite le lundi 15 octobre 2018

Convaincue de l’importance de l’approche historienne de la ville pour répondre aux défis du XXIe siècle, la SFHU souhaite se pencher sur les « archives urbaines ». Formant les sources de l’histoire des villes, celles-ci peuvent être également considérées comme objets d’histoire. Qu’elles soient publiques, municipales, d’État ou privées, de cabinets d’urbanistes ou d’architectes, de syndicats techniques, d’associations de locataires ou de résidents, de défenseurs du patrimoine ou de l’environnement ou tout simplement de citadins, la diversité de leurs supports et de leurs contenus mais aussi des conditions de leur production, de leur conservation et de leurs usages mérite que l’on s’y arrête. Plus largement, la ville, dans sa matérialité, est parfois assimilée à une archive à travers le bâti, la rue, les espaces publics et privés, la toponymie ou les mémoires individuelles de ceux qui l’habitent ou l’administrent. Aussi paraît-il indispensable de cerner l’ensemble complexe et diversifié des archives urbaines, de faire l’histoire de leur production, de leur conservation et de leur circulation, afin de les replacer dans leur historicité et rétablir les strates de leur composition. Mises à la disposition des décideurs et des citadins, elles participent de la gouvernance et du changement urbain.

Un premier objectif de ces journées concerne la constitution des archives urbaines. Tous les documents produits sur la ville, dans la ville, par la ville ne sont pas nécessairement archivés : s’opère une sélection qui résulte de choix individuels et collectifs, scientifiques et pratiques, sociaux et politiques. Les vifs débats actuels à propos des archives soulignent à quel point il importe de réfléchir aux critères qui président à la conservation et l’archivage de certains documents et à l’oubli d’autres, et de penser les pratiques qui en résultent. Il convient de s’interroger aussi sur les personnes et les institutions qui produisent ces archives et sur la diversité des configurations administratives et politiques qu’elles recouvrent. Au-delà des situations habituelles, les moments de grandes ruptures de l’histoire des villes (catastrophes naturelles, incendies, bouleversements géopolitiques, guerres, révolutions, etc.) mettent souvent en péril les archives et cristallisent les discussions à leur sujet : la réflexion gagnera à ce qu’ils soient évoqués.

Un second objet d’analyse touche les enjeux de leurs usages. Lors des grandes phases de transformation ou de reconstruction des villes, les archives sont régulièrement mobilisées. On en produit certaines (campagnes photographiques, enquêtes foncières ou sociales), on en mobilise d’autres, qu’au besoin on reconstitue. L’accès aux archives n’est pas le même pour tous et ne l’a pas toujours été. Que ce soit d’un point de vue légal ou pratique, celui-ci peut constituer en lui-même un enjeu. Comment faire l’histoire de ces usages et que nous apprend-elle sur le caractère politique des archives ? Comment les différents types de corpus, archives publiques ou privées, archives nationales ou locales, archives écrites ou orales, archives des événements ou longues séries relatives par exemple au fonctionnement des institutions locales, constituent-ils la base d’une compréhension complexe du fait urbain ?

En troisième lieu, signalons que la notion d’archives urbaines s'avère polysémique. Sans revenir sur leur diversité typologique, on constate que l’expression est parfois utilisée dans un sens restreint, comme synonyme d’ « archives des villes », c’est-à-dire « produites par les autorités urbaines », et parfois dans une acception beaucoup plus large, comme équivalent de « documents relatifs au phénomène urbain ». Voire, la ville elle-même est parfois présentée comme sa propre archive. Est-ce seulement l’effet de l’avènement de la notion de patrimoine urbain au cours du XXe siècle ? Jusqu’où peut-on donner suite à cette métaphore ? La ville n’a en effet pas vocation à être systématiquement inventoriée, conservée et fixée comme le sont les fonds d’archives. Certains historiens d’art, géographes, archéologues préfèrent d’ailleurs utiliser d’autres images : les strates, le palimpseste, la ville comme « livre de pierre » ou même comme texte etc., finalement tout aussi discutables. Par une approche réflexive sur les spécificités des archives « de ville », il peut être intéressant de revenir sur ce type d’homologie.

La SFHU, soutenue par l’UPEC (CRHEC et Lab’URBA), le collectif « Archival City », le GT Usages de l’histoire et devenirs urbains du labex Futurs Urbains, et les Archives départementales lancent cet appel à communications dans une approche essentiellement pluridisciplinaire et ouverte à toutes les périodes historiques et à tous les champs géographiques pour un congrès qui se tiendra les 24 et 25 janvier prochains aux Archives départementales du Val-de-Marne, 10, rue des Archives 94000 Créteil. Les interventions dureront 20 mn.

Les propositions de communication, en français ou en anglais, comporteront un titre et un résumé d’environ 1500 signes, ainsi que les coordonnées de l’intervenant (nom, prénom, fonction et rattachement institutionnel, courriel, adresse postale). Elles devront être adressées avant le 15 octobre 2018 à bourillon@u-pec.fr et à laurent.coudroydelille@wanadoo.fr .

Comité d’organisation :
Jérôme Bazin, Florence Bourillon, Marie-Andrée Corcuff, Laurent Coudroy de Lille, Vincent Lemire, Giuliano Milani, Virginie Mathé, Denis Menjot, Clément Orillard, Loïc Vadelorge.

Comité scientifique :
Outre les membres du comité d’organisation, Laurence Buchholzer, Natacha Coquery, Jean-Pierre Guilhembet, Judith Rainhorn, Thibault Tellier, Mélanie Traversier, Boris Bove, Youri Carbonnier, Catherine Denys, Stéphane Frioux, Laurence Jean-Marie, Frédéric Moret, Jean-Luc Pinol, Dominique Poulot, Olivier Ratouis, Charlotte Vorms.

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BOOK: Peter Charles HOFFER, Uncivil Warriors : The Lawyers’ Civil War (Oxford: Oxford University Press, 2018). ISBN 9780190851767, £18.99



Oxford University Press has published a book on the role of law and lawyers during the American Civil War.  

ABOUT THE BOOK

In the Civil War, the United States and the Confederate States of America engaged in combat to defend distinct legal regimes and the social order they embodied and protected. Depending on whose side's arguments one accepted, the Constitution either demanded the Union's continuance or allowed for its dissolution. After the war began, rival legal concepts of insurrection (a civil war within a nation) and belligerency (war between sovereign enemies) vied for adherents in federal and Confederate councils.

In a "nation of laws," such martial legalism was not surprising. Moreover, many of the political leaders of both the North and the South were lawyers themselves, including Abraham Lincoln. These lawyers now found themselves at the center of this violent maelstrom. For these men, as for their countrymen in the years following the conflict, the sacrifices of the war gave legitimacy to new kinds of laws defining citizenship and civil rights. The eminent legal historian Peter Hoffer's Uncivil Warriors focuses on these lawyers' civil war: on the legal professionals who plotted the course of the war from seats of power, the scenes of battle, and the home front. Both sides in the Civil War had their complement of lawyers, and Hoffer provides coverage of both sides' leading lawyers. In positions of leadership, they struggled to make sense of the conflict, and in the course of that struggle, began to glimpse of new world of law. It was a law that empowered as well as limited government, a law that conferred personal dignity and rights on those who, at the war's beginning, could claim neither in law. Comprehensive in coverage, Uncivil Warriors focus on the legal side of America's worst conflict will reshape our understanding of the Civil War itself.

ABOUT THE AUTHOR

Peter Charles Hoffer is Professor of History, University of Georgia; he is the author of many books, including Cry Liberty and The Federal Courts.

TABLE OF CONTENTS

Introduction: A Civil War Of, By, and For Lawyers?
Prologue: The Inseparability of Politics and Law: The First Lincoln-Douglas Debate
Chapter One: The Contested Legality of Secession
Chapter Two: A Tale of Two Cabinets and Two Congresses
Chapter Three: In Re Merryman and its Progeny
Chapter Four: Was Secession a Crime?
Chapter Five: An Emancipation Proclamation
Chapter Six: "A New Birth of Freedom"
Epilogue: The Lawyers' Reconstruction
Conclusion: The Lawyers' Civil War in Retrospect

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19 July 2018

CALL FOR PAPERS: British Legal History Conference 2019: Comparative Legal History (University of St Andrews, 10-13 July 2019); DEADLINE 15 SEP 2018


The 2019 British Legal History Conference

Comparative Legal History 

University of St Andrews, 10-13 July 2019

(image source: Wikimedia Commons)

  
Abstracts are invited for the 2019 British Legal History Conference taking place at the University of St Andrews, on the theme of comparative legal history. 

The theme builds upon F.W. Maitland’s famous observation that “history involves comparison”, and that those who ignore every system but their own “hardly came in sight of the idea of legal history”.[1] The aim is to examine differences and similarities across a broad time-period to produce better approaches to the subject of legal history, combining depth of analysis with historical contextualization. Rather than comparing individual rules or searching for universal systems, the theme will take an intermediate approach the topic of comparative law, investigating patterns in legal norms, processes, and practice. 

The papers accepted for this conference may themselves take a comparative approach. However, there is no requirement that each paper is explicitly comparative, as the sessions will be designed to allow comparative perspectives to emerge between individual papers. 

We welcome proposals from historians in all fields of legal history, whether doctrinal or contextual, domestic or transnational. Proposals which inform our understanding of the Common Law through comparison with other legal systems (e.g. civil or canon) as well as geographical comparisons are particularly welcome. 

Proposals from postgraduate and early career researchers are encouraged.


Please email abstracts (strict maximum 250 words) to blhc2019@st-andrews.ac.uk by 15 September 2018. 

Further information on the conference, travel, and accommodation can be found on the following website: www.blhc2019.uk







[1] F.W. Maitland, “Why the History of English Law is not Written”, In H.A.L. Fisher, ed., Collected Papers (Cambridge, 1911), i, 488.

CALL FOR PAPERS: Colloque « Dommages de guerre et responsabilité de l’État » (Paris), DEADLINE 25 OCTOBER 2018



Via Hi-D, we learned of a Call for Papers for a colloquium on war damages and state responsibility in the context of the aftermath of World War I.

Colloque organisé par l’Institut d’Histoire du Droit EA 2515 de l’Université Paris Descartes et le CESICE, Centre d’études sur la sécurité internationale et les coopérations européennes de l’Université de Grenoble – Alpes

Décembre 2019 – Conseil d’État, Paris

Organisation :
– Pr Guillaume RICHARD de l’Institut d’Histoire du Droit de l’Université Paris Descartes
– Pr Sébastien LE GAL du CESICE de l’Université de Grenoble – Alpes
Comité scientifique :
– M. Jean BARTHÉLÉMY (avocat honoraire aux Conseils)
– Pr Grégoire BIGOT (Université de Nantes)
– Pr Alain CHATRIOT (Sciences Po Paris)
– Pr Sébastien LE GAL (Université Grenoble Alpes)
– Pr Bernard PACTEAU (Université de Bordeaux)
– Pr Xavier PERROT (Université de Limoges)
– Pr Guillaume RICHARD (Université Paris-Descartes)

Appel à communication à télécharger ICI
Les propositions de communications sont à envoyer à l’adresse suivante avant le 26 octobre 2018 à : guillaume.richard@parisdescartes.fr

PROJET SCIENTIFIQUE

Le centenaire de la loi du 17 avril 1919 sur la réparation des dommages matériels causés par les faits de guerre (la « Charte du sinistré ») offre l’occasion de réfléchir aux relations entre les phénomènes de guerre et de violence collective et la responsabilité de l’État à l’époque contemporaine. La Première Guerre mondiale marque en effet la reconnaissance générale d’une obligation de l’État vis-à-vis des sinistrés ayant subi des dommages physiques ou des destructions sur leurs biens à cause de la guerre. Deux lois, celles du 31 mars 1919 et du 17 avril 1919, indemnisent respectivement les dommages matériels et les dommages physiques subis par les Français, civils ou militaires. Pendant longtemps, l’État avait été tenu irresponsable des faits de guerre : on estimait que ceux-ci résultaient d’un état de nécessité ou correspondaient à des cas de force majeure exonérant de toute responsabilité. Depuis le début du XXe siècle, à l’inverse, un processus continu étend les cas d’indemnisation par l’État des situations de crise ou de violence (guerre, attentats terroristes, émeutes) au nom de la solidarité nationale.

Le colloque s’attachera à questionner l’apparition de la responsabilité de l’État pour la guerre ou les faits liés à une situation de guerre, au sens large, au moment de la Première Guerre mondiale, et ses conséquences ou les formes de sa mise en œuvre. Le colloque entend s’inscrire dans un pan devenu important des études sur la Première Guerre mondiale : celui de la transition entre la guerre et la paix et du retour à la paix. Les recherches se sont multipliées sur les aspects humains de la démobilisation ou de la reconnaissance accordée aux soldats, comme aux victimes civiles ou aux réfugiés. La dimension architecturale ou économique de la reconstruction ou les conférences internationales préparatoires à la signature des traités de paix sont aussi l’objet d’investigations nombreuses. Mais l’indemnisation des dommages de guerre reste un champ d’investigation riche et peu exploité sur le plan juridique.

Il s’agit ainsi d’explorer selon quels principes, avec quels effets juridiques et selon quelles modalités d’indemnisation l’État est tenu responsable des violences de guerre au moment de la Première Guerre mondiale. Le développement de ces mécanismes révèle une tension entre enjeux individuels et collectifs. D’un côté, ils s’inscrivent dans une logique de juridicisation des réparations qui emprunte largement aux mécanismes du droit civil de la responsabilité et reconnaît (en France, mais aussi en Italie ou en Belgique) un droit individuel à réparation ; de l’autre, l’indemnisation est envisagée d’emblée comme la mise en œuvre d’une politique aux effets collectifs, qui engage l’ensemble de la communauté, déterminant par là même des modalités en partie distinctes de la responsabilité civile.
Sans être exhaustives, trois directions paraissent envisageables pour explorer cette tension. Comment peut-on expliquer le passage du principe d’irresponsabilité au principe de responsabilité de l’État au début du XXe siècle ? Comment les mécanismes divers de responsabilité en matière de faits de guerre sont-ils articulés et comment les plans juridique, politique et symbolique des réparations se concilient-ils ou s’opposent-ils ? Comment, enfin, fonctionne l’évaluation et la procédure d’indemnisation et avec quels enjeux ?

1. DE L’IRRESPONSABILITÉ À LA RESPONSABILITÉ

Anciennement, le principe d’irresponsabilité publique pour les dommages aux civils et les destructions domine. La guerre ou les violences, qu’elles soient ou non le fait des autorités publiques, résultent d’un état de nécessité qui les exonère de toute faute ; le déploiement inévitable de la souveraineté étatique excuse l’État (the King can do no wrong). Cela n’empêche pas des mécanismes ponctuels de soutien ou d’assistance, en particulier pour les soldats et les vétérans, ni la réflexion de certains juristes, comme Grotius, en faveur de réparations pour les faits de guerre (De Iure Belli ac Pacis, III, 13). Le début du XXe siècle semble représenter un tournant. Les réflexions se font plus nombreuses pour dégager une responsabilité juridique de l’État, indépendante de la faute et fondée sur la solidarité ou la situation de risque à laquelle sont exposés particulièrement certains habitants.
Il faut ainsi s’interroger sur les raisons ayant conduit à la reconnaissance d’un principe de responsabilité. Comment expliquer le renversement par lequel on passe de l’irresponsabilité de l’État à sa responsabilité ? La Première Guerre mondiale en est-elle le moment pivot ? Même si le principe de responsabilité de l’État avait déjà été proclamé au moment de la Révolution française, il était resté sans réelles suites financières. Plusieurs textes au XIXe siècle réaffirment au contraire l’irresponsabilité de l’État. Des indemnités sont pourtant prévues après la guerre de 1870-1871 par trois lois adoptées entre 1871 et 1874, mais l’attribution se fait de manière hétérogène selon les sinistrés et sans véritable contrôle juridictionnel. Les mécanismes indemnisant tous les sinistrés en 1919 accordent un véritable droit dont le sinistré peut faire contrôler l’application par le juge, à l’inverse du simple « secours » accordé après 1871. Si, en France, les résistances restent limitées à la reconnaissance d’un droit à réparation, non sans controverses violentes sur la portée du droit, d’autres pays, comme l’Angleterre, ne procèdent à aucune reconnaissance générale d’un droit à réparation.

La reconnaissance du droit à réparation est-elle tributaire des conformations du système juridique (systèmes de common law ou de droit écrit) ou de l’intensité des dommages subis ? Le contexte immédiat explique-t-il cette reconnaissance ou faut-il raisonner dans une perspective de plus long terme ? Des expériences de guerre antérieures à la Première Guerre mondiale, anciennes (remontant à la période révolutionnaire) ou plus rapprochées (ainsi la conquête coloniale de la Libye par l’Italie, qui entraîne une première législation sur les dommages de guerre en Italie dès 1913), ont ainsi pu servir de modèle ou de référence. Plus largement, quel rôle les situations de guerre ont pu jouer dans l’extension des cas de responsabilité et le développement d’une responsabilité sans faute de l’État ?
L’apparition de mécanismes semblables de responsabilité a-t-elle également influencé la responsabilité de l’État pour les faits de guerre ? Dès la fin de l’Ancien Régime, des procédures d’indemnisation sont prévues pour certaines catastrophes naturelles, ainsi après des inondations en 1784, plaçant au premier plan le rôle de l’État pour garantir le retour à la normale. La responsabilité publique pour les émeutes fournit un autre exemple significatif: des violences internes sont indemnisées par l’ensemble de la communauté. Le décret du 23 février 1790 ouvre la voie à la responsabilité des communes. Plus tard, la loi du 16 avril 1914, promulguée peu avant le déclenchement de la guerre, transfère partiellement cette responsabilité à l’État, signe d’une monopolisation par l’État des fonctions de solidarité collective. En quoi la guerre renforce la volonté de socialisation ou d’étatisation du risque qui fait de l’État le garant de la sécurité et de l’intégrité physique et matérielle de sa population ?

Il faut enfin s’interroger sur le lien entre la reconnaissance d’une responsabilité liée à la guerre et les enjeux financiers, explicitement mis en avant dans les pays d’Europe de l’Est. Les effets de concurrence de diverses responsabilités jouent aussi leur rôle. Ainsi, en Italie, la réparation de l’État pour les dommages de guerre se heurte aux réticences de certains parlementaires du Mezzogiorno ; ils estiment qu’elle favorisera le Nord, région la plus touchée par les combats, mais aussi la plus riche avant la guerre, alors que la Sicile et la Calabre, touchées par des tremblements de terre à partir de 1908, ne sont toujours pas indemnisées.

La notion de responsabilité sans faute n’est-elle pas finalement trop simple ? Sur le plan strictement juridique, aucune faute ne doit être prouvée pour mettre en jeu la responsabilité ; mais cela ne signifie pas que toute idée de faute ait disparu de l’horizon des réparations. La jurisprudence internationale sur les émeutes le confirme a contrario : si l’État a fait ce qu’il devait pour éviter les dommages, il n’est pas responsable des dommages causés. Il faudrait aussi distinguer une approche juridique (puisque la faute de l’État n’a pas à être prouvée, elle est indifférente) et une approche plus sociale ou politique : l’État indemnise des dommages, car il est en partie, politiquement ou symboliquement, la cause des dommages qui se sont produits, ou parce qu’il est important qu’il se manifeste comme puissance réparatrice vis-à-vis de ses citoyens.

2. L’ARTICULATION DES MÉCANISMES DE RESPONSABILITÉ : PROGRAMME UNITAIRE OU ACCUMULATION HÉTÉROCLITE ?

La responsabilité de l’État face à la guerre se traduit-elle par une réponse unitaire ? Les textes concernant les dommages de guerre, comme la Charte du Sinistré de 1919 en France, ou les législations équivalentes dans les autres pays européens, n’ont jamais couvert tous les cas de responsabilité, ni entraîné la suppression de régimes spécifiques. Les servitudes militaires ou les réquisitions, par exemple, ont fait l’objet de législations spéciales plus précoces, pour reconnaître ou au contraire refuser la réparation par l’État. Dans certains cas, comme au Royaume-Uni, seules certaines situations sont couvertes, sans qu’un principe général de responsabilité de l’État soit reconnu. Cette différenciation peut poser un problème d’égalité entre victimes, couvertes par des régimes différents ; les modes d’évaluation peuvent favoriser telle ou telle catégorie. Elle amène également à distinguer entre la responsabilité pour des faits particuliers et la responsabilité générale du fait de la guerre, sur le plan international, mais aussi interne.

Le principe général de responsabilité a été proclamé à propos de l’Allemagne par l’article 231 du traité de Versailles en 1919. Cette responsabilité générale s’appuie sur un instrument de droit international fondant sa légalité sur de nouveaux outils juridiques. Mais elle peine à faire disparaître le vieux principe du vae victis, selon lequel les vainqueurs pouvaient se payer sur la bête vaincue en espérant ainsi compenser leurs propres pertes. De plus, l’indemnisation internationale se fait souvent au bénéfice des États ou des armées et non des populations. La juridicisation des processus internationaux de réparations au moment de la Première Guerre mondiale, loin d’entraîner une véritable évolution, ne reste-t-elle pas un leurre ? Par ailleurs, quelles relations cette responsabilité internationale des États pour la guerre entretient-elle avec les mécanismes internes prévus par chaque État et avec la réparation individuelle des dommages ? Au moment de la Première Guerre mondiale, la législation des différents États conditionne parfois l’indemnisation des citoyens aux versements effectués par les États vaincus, tandis que d’autres États, comme la France, la Belgique ou l’Italie, affirment que le droit à réparation n’en dépend pas juridiquement (sinon financièrement).

La diversité des mécanismes de réparation attire également l’attention sur un autre enjeu. La responsabilité ou le principe de réparations s’inscrivent-ils seulement dans la perspective du droit à réparation ? Cette réparation, entendue au sens juridique d’une restitutio in integrum, repose sur une approche individuelle, de traitement au cas par cas, qui entre en tension avec une approche plus collective des réparations, comme réponse sociale unitaire à un phénomène exceptionnel. Les conflits juridiques et politiques entre partisans du droit à réparation individuel, qui n’est soumis à aucune obligation, et ceux d’un droit socialisé ou collectif, par lequel l’État peut guider et déterminer la conduite des victimes, révèlent les tensions à l’œuvre entre ces deux approches.

Quel modèle de réparation et quelle conception du droit prédominent au moment de la Première Guerre mondiale ? En quoi, par ailleurs, les débats sur la reconstruction s’inscrivent-ils dans des mouvements plus larges, participant, par exemple, de l’élaboration d’un droit de l’urbanisme avec les lois de 1902 sur l’hygiène et de 1919 et 1924 sur les plans d’extension ? La reconstruction apparaît aussi comme une phase pendant laquelle il devient possible de mettre en œuvre à grande échelle les principes d’hygiène et d’aménagement urbain.

Ces différents éléments permettent d’interroger la dimension politique, mais aussi symbolique ou morale prise en compte dans le processus de réparation. Bien loin d’un simple enjeu juridique, les réparations se voient assigner des fonctions multiples : reconstitution de la cohésion nationale, redémarrage économique, reconstruction des régions détruites, pacification et réconciliation sociale, etc. Dans quelle mesure les mécanismes de responsabilité prévus au moment de la Première Guerre mondiale ont-ils formé un programme cohérent de réparation ou de reconstruction ou simplement un assemblage d’objectifs divers et parfois contradictoires ?

3. DIMENSION TECHNIQUE DE LA RÉPARATION

Si l’on se place dans le cadre de la réparation pécuniaire des dommages, d’autres enjeux apparemment plus techniques permettent d’envisager le principe de justice mis en œuvre par tel régime de responsabilité. On peut indiquer au moins les points suivants :

a/ Délimitation des dommages inclus. La délimitation exacte des dommages ou des personnes couvertes est l’objet de très nombreux ajustements. La guerre n’est pas reconnue en tant que telle comme un phénomène pouvant mettre en jeu de façon générale la responsabilité de l’État : le dommage ne découlant qu’indirectement des faits de guerre n’est ainsi pas indemnisé. Quels sont les dommages dont l’État peut être tenu responsable ou qui sont au contraire exclus de toute réparation ? Comment sont définis la guerre et les faits de guerre dans ces procédures ? Comment le lien avec la guerre ou l’acte de guerre est-il établi ? La définition des dommages passe-t-elle par une liste des différents cas ou par des formules plus générales ? Derrière ces questions techniques apparaît l’étendue même du système de réparation mis en place au moment de la Première Guerre mondiale.

b/ Différence entre évaluation et dédommagement. La mise en jeu de la responsabilité de l’État suppose d’évaluer les dommages. Cette évaluation est individuelle, mais doit se faire dans des conditions similaires pour des dommages très nombreux. L’évaluation est donc fortement standardisée, à l’aide de barèmes et de grilles, loin d’une évaluation individuelle in concreto. Cette standardisation a déterminé des procédures spécifiques (séries de prix de construction utilisées pour les marchés publics, barèmes des assurances) montrant la proximité avec les mécanismes assuranciels ; elle a aussi correspondu à un travail statistique permettant d’évaluer la richesse nationale perdue et qu’il faudrait restaurer. L’évaluation a pu ainsi participer au travail de construction des connaissances de l’État sur son propre territoire et sa population et à la densification des réseaux étatiques, renforçant l’intrication entre connaissance et effets de pouvoir au bénéfice de l’État. En ce sens, la reconnaissance de sa responsabilité par l’État ne participe-t- elle pas paradoxalement de son renforcement ?

L’évaluation elle-même ne débouche pas toujours sur une indemnité, soit parce que le financement des dommages évalués fait défaut, soit parce que l’évaluation concerne des dommages sortant du champ de la réparation, soit enfin parce que ce cadre même n’existe pas encore ou est contesté. C’est le cas des étrangers, exclus d’une législation développée dans la plupart des pays européens au nom de la solidarité nationale, mais aussi plus généralement de certains sinistrés ou de certaines catégories qui protestent contre les restrictions ou retards que l’administration oppose fréquemment aux paiements. L’évaluation sans indemnisation n’est pourtant pas sans but : elle peut être un moyen de faire pression sur les autorités publiques ou de faciliter en amont leur travail (ainsi du travail statistique des comités locaux en France ou en Italie). Il faudra ainsi situer la pratique évaluative non seulement comme une question technique, mais aussi politique (délimitation et valeur de dommages parfois intangibles) et sociale (avec les formes d’organisation collective des sinistrés qui émergent dans l’après-guerre).

c/ Procédure et instances spéciales. La responsabilité de l’État donne souvent lieu à l’adoption de procédures spécifiques et d’instances spéciales chargées de traiter les demandes – quand bien même elles le feraient selon des critères proches du droit ordinaire. La compétence est en général confiée à des instances civiles, qui peuvent agir selon une modalité administrative ou juridictionnelle. Quelles raisons président au choix de tel ou tel mode de résolution ? Peut-on déceler une évolution progressive en faveur de la juridictionnalisation, qui accompagnerait la reconnaissance du droit à réparation ou tout dépend-il de facteurs contextuels ?

Cela doit aussi être l’occasion d’interroger le fonctionnement des instances spéciales mises en place, et notamment des tribunaux des dommages de guerre ou de la Commission supérieure des dommages de guerre, mis en place en France, ou des juridictions spéciales existant dans d’autres pays. Ces instances ont-elles calqué leur fonctionnement sur celui d’un tribunal ou d’une commission administrative ? Quel rôle donnaient-elles à la victime et à l’État ? Apparaissent-elles comme des lieux de pacification (comme le terme de « commissions de conciliation » le suggère en France) ou de confrontation ? Comment leur travail s’articulait-il avec la justice ordinaire, compétente notamment pour le contrôle et la cassation des décisions ?

PROPOSITIONS DE COMMUNICATION

Les propositions de communication s’inscriront dans une perspective destinée à éclairer la reconnaissance du droit à réparation ou sa mise en œuvre au moment de la Première Guerre mondiale. Elles peuvent concerner l’espace français comme européen ou colonial. Elles seront principalement consacrées à l’indemnisation des dommages matériels, mais des communications sur l’indemnisation des dommages physiques permettant d’éclairer le lien entre la responsabilité de l’État et la guerre ou les faits de guerre sont également bienvenues. De même, les communications peuvent s’intéresser à la question de la responsabilité étatique interne ou sur le plan international. Les propositions préciseront quel(s) aspect(s) de l’appel à communication elles entendent en particulier traiter.

Une proposition d’une page maximum doit être envoyée avant le 26 octobre 2018. Les réponses seront données en décembre 2018. Le colloque se tiendra à la fin de l’année 2019 au Conseil d’État à Paris. La date sera précisée ultérieurement.

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18 July 2018

BOOK: Lawrence GOLDMAN, ed., Magna Carta: History, Context and Influence (London: Institute of Historical Research, 2018). ISBN 978-1-909646-87-2, £30.00



Next month, the University of London’s Institute of Historical Research will publish a new book on the history and influence of Magna Carta in British and American history

ABOUT THE BOOK

This book examines the history and influence of Magna Carta in British and American history. In a series of essays written by notable British specialists, it considers the origins of the document in the political and religious contexts of the thirteenth century, the relevance of its principles to the seventeenth century disputes that led to the Civil War, the uses made of Magna Carta to justify the American Revolution, and its inspiration of the radical-democratic movement in Britain in the early nineteenth century. The introductory essay considers the celebration of Magna Carta's 800th anniversary in 2015 in relation to ceremonials and remembrance in Britain in general. Given as papers to a joint conference of British and Chinese historians in Beijing in 2015, these essays provide a clear and insightful overview of the origins and impact of a medieval document that has shaped the history of the world. 

ABOUT THE EDITOR

Lawrence Goldman was born and raised in London and attended the Haberdashers’ Aske’s Boys’ School in Elstree (of which he is now a governor). He went to Jesus College, Cambridge in 1976 to read History, graduating with a double first in 1979. Awarded a Harkness Fellowship, he studied American History at Yale before returning to begin doctoral research at Trinity College, Cambridge on the history of social science in the Victorian period. He was elected to a Junior Research Fellowship in Trinity in 1982 and was then appointed to a university lectureship teaching History in the Oxford Department of Continuing Education in 1985. In 1990 he became a tutorial fellow in History at St. Peter’s College, Oxford, where he remained for 24 years teaching modern British and American History. Between 2004 and 2014 he was the Editor of the newly-published Oxford Dictionary of National Biography, the record, in more than 65 million words, of the most notable figures in British history. He took up the Directorship of the Institute of Historical Research in 2014. He has contributed articles to leading journals like the English Historical Review, the Historical Journal and Past & Present and he is the author of books on Victorian Social Science, the history of Workers’ Education in Britain, and most recently, on the life of the political thinker and historian, R. H. Tawney. He is currently at work on a study of the development of social statistics and their impact on culture, politics and social thought in Britain under the title ‘Victorians and Numbers’.

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17 July 2018

BOOK: Vanessa HOLLOWAY, Black Rights in the Reconstruction Era (Lanham: Hamilton Books, 2018). ISBN 978-0-7618-7035-7, $70.00



Hamilton Books has published a book on black rights during the reconstruction era.

ABOUT THE BOOK

Most observers and historians rarely acknowledge the history of civil rights predating the twentieth-century. The book Black Rights in the Reconstruction Era pays significant scholarly attention to the intellectual ferment—legal and political—of the nineteenth-century by tracing the history of black Americans’ civil rights to the postbellum era. By revisiting its faulty foundational history, this book lends itself to show that, after emancipation, national and local struggles for racial equality had led to the encoding of racism in the political order in the American South and the proliferation of racism as an American institution.Vanessa Holloway draws upon a host of historical, legal, and philosophical studies as well as legislative histories to construct a coherent theory of the law’s relevance to the era, questioning how the nexus of race and politics should be interpreted during Reconstruction. Anchored in the Reconstruction Amendments, Supreme Court decisions and landmark statutes of the 1860s and 1870s—the Black Codes, the Freedmen’s Bureau, the Civil Rights Act of 1866, the Reconstruction Acts, the Enforcement Acts, and the Civil Rights Act of 1875—Black Rights in the Reconstruction Era offers a new perspective on the political history of law between the years 1865 and 1877. It is predominant in the ongoing debates on social justice and racial inequality.

ABOUT THE AUTHOR

Vanessa Holloway is a historian and philosopher of political theory, legal history, law and policy, and race and rights. She is also the author of Getting Away With Murder: The Twentieth-Century Struggle for Civil Rights in the U.S. Senate (2014) and In Search of Federal Enforcement: The Moral Authority of the Fifteenth Amendment and the Integrity of the Black Ballot (2015).

TABLE OF CONTENTS

Preface
Acknowledgments
Introduction. Unwelcome Changes
Part I. Initial Legal Barriers to Racial Equality, 1865-1868
Chapter 1: Thirteenth Amendment
Chapter 2: Black Codes
Chapter 3: Freedmen’s Bureau
Chapter 4: Civil Rights Act of 1866
Chapter 5: Reconstruction Acts of 1867
Chapter 6: Fourteenth Amendment
Part II. Other Legislative and Constitutional Issues, 1870-1876
Chapter 7: Fifteenth Amendment
Chapter 8: Enforcement Acts of 1870-71
Chapter 9: Civil Rights Act of 1875
Appendix I. Reconstruction Era Congresses and U.S. Presidents
Appendix II. Federal Constitutional Amendments, Acts and Cases
Selected Bibliography

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BOOK: Jörg BENEDICT, Culpa in Contrahendo : Transformationen des zivilrechts. 1, entdeckungen oder zur geschichte der vertrauenshaftung (Heidelberg: Mohr Siebeck, 2018). ISBN 978-3-16-151744-0, 125,00 €


(Source: Mohr Siebeck)

Later this month, Mohr Siebeck will publish the first volume of a two-volume series on the legal concept of culpa in contrahendo. The 1st volume treats the history of the concept.  

ABOUT THE BOOK

Die culpa in contrahendo gilt als die nachhaltigste aller juristischen Entdeckungen, und in dieser Konnotation steht sie für die juristische Kreativität und Leistungsfähigkeit der deutschen Zivilrechtswissenschaft schlechthin. Vor 150 Jahren von Rudolf v. Jhering ins juristische Dasein gerufen, haben ihre immer ausgedehnteren praktischen Anwendungsbereiche aus einer anfänglich bloßen begrifflichen Idee ein mittlerweile nicht mehr überschaubares Rechtsinstitut werden lassen. Dabei klafft seit jeher ein Graben zwischen der praktischen Anwendungsbreite einerseits und einer überzeugenden wissenschaftlichen Begründung andererseits. Eine sichere dogmatische Eingrenzung dieser sogenannten »dritten Haftungsspur« zwischen Vertrag und Delikt ist bisher nicht gelungen und darüber vermag auch der Umstand nicht hinwegzutäuschen, dass die »vorvertragliche Haftung« jedenfalls in Deutschland seit der Schuldrechtsreform 2002 Gesetzeskraft genießt. Wegen ihrer rechtstheoretischen Unfasslichkeit gilt die culpa in contrahendo manchen auch weniger als ein Zeugnis juristischer Wissenschaftlichkeit denn als »wandelnder Irrwisch« und Ausdruck einer diffusen Billigkeitsjurisprudenz.

Der vorliegende erste Teil der auf zwei Bände angelegten Studie bemüht sich um eine grundlegende und ganzheitliche Bestandsaufnahme dieses wichtigen Haftungsinstituts. Der umfassende methodologische Ansatz, der rechtshistorische, -philosophische, -vergleichende, -ökonomische und rechtsdogmatische Perspektiven einbezieht, ermöglicht nicht nur, die prägenden geistigen Kräfte hinter der jeweils akzeptierten dogmatischen Haftungskonstruktion, sondern auch Transformationen und Kontinuitäten im Zivilrechtsdenken seit der Römischen Antike aufzuzeigen.

ABOUT THE AUTHOR

Jörg Benedict Geboren 1966; Studium der Rechtswissenschaft, Philosophie, Soziologie an den Universitäten Greifswald und Rostock; 2007–08 Vertretungsprofessur (Universität Rostock); 2008–09 Vertretungsprofessur (LMU München); seit 2010 Lehrstuhlinhaber für »Bürgerliches Recht, Europäisches Privatrecht, Rechtsgeschichte und Rechtsphilosophie« und Dekan der Juristischen Fakultät der Universität Rostock.

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16 July 2018

BOOK: Eldar HABER, Criminal Copyright (Cambridge: Cambridge University Press, 2018). ISBN 9781108403917, £ 24.99



Later this month, Cambridge University Press is due to publish a book which offers an examination of the history of criminal copyright.

ABOUT THE BOOK

Since the birth of criminal copyright in the nineteenth century, the copyright system has blurred the distinction between civil and criminal infringements. Today, in many jurisdictions, infringement of copyrighted materials can result in punitive fines and even incarceration. In this illuminating book, Eldar Haber analyzes the circumstances, justifications, and ramifications of the criminalization process and tells the story of how a legal right in the private enforcement realm has become over-criminalized. He traces the origins of criminal copyright legislation and follows the movement of copyright criminalization and enforcement on local and global scales. This important work should be read by anyone concerned with the future of copyright and intellectual property in the digital era.

ABOUT THE AUTHOR

Eldar Haber, University of Haifa, Israel
Eldar Haber is a Senior Lecturer at the Faculty of Law, University of Haifa and a faculty associate at the Berkman-Klein Center for Internet and Society at Harvard University, Massachusetts. He teaches and writes about copyright, criminal law, surveillance, privacy and data protection, and civil rights and liberties in the digital age. He has published on all these matters in many flagship law reviews and leading law and technology journals. He has won several academic awards, prizes and grants, and his work is frequently cited in many scholarly articles, book chapters, books, Federal Courts, as well as the media.

TABLE OF CONTENTS

Introduction
1. Criminal copyright overview
2. Copyright criminalization in the United Kingdom
3. Copyright criminalization in the United States
4. The criminal copyright gap
5. Internal reasoning for criminal copyright
6. External reasoning for criminal copyright
7. The copyright-criminal integration
8. An integrated approach for copyright criminalization
9. The future of criminal copyright and how to stop it
Conclusion.

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ACADEMIC SESSION: Centenary of the Legal History Review (Leiden, 5 OCT 2018); REGISTRATION BY 15 SEP 2018

(image source: Universiteit Leiden)

The Legal History Review celebrates its centenary in 2018. Founded by Dutch jurists E.M. Meijers, A.S. de Blécourt and J. van Kan, the eminent review's history, present and future will be discussed at Leiden University, in the E.M. Meijers Hall (Rapenburg 73, Leiden, Netherlands).

Programme:

11:30 Opening address by A. Wijffels (Belgian Chairman of the Legal History Review)
11:40 Congratulations by M. Huetink (Director, Brill Publishers)
11:50 'The Legal History Review in the past 100 years', by L. Winkel (Dutch Chairman of the Legal History Review)

12:30 Luncheon

Afternoon session: publishing a journal today

Chair: L. Waelkens

14:00 H. De Meij MA (Director Academic Relations, Brill) on 'Publishing journals now'
14:20 Prof. dr. M. Kemerink (Universitet Linköping) on 'Peer review'
14:35 Prof. dr. L. Pahlow (J.W. Goethe Universität, Frankfurt am Main) on 'Copyright'
14:50 Prof. dr. D. Visser (Universiteit Leiden) on 'Open access'
15:00 Discussion

16:00 Break

Chair: B. Sirks

16:30 Celebratory address by Prof. dr. H.-P. Haferkamp (Universität Köln)
17:15 Congratulations by Prof. dr. C.J.J.M. Stolker, Rector Magnificus (Leyden University)

Deadline for registration: 15 September 2018 (with the Journal's editorial secretary).


BOOK: Sam ERMAN, Almost Citizens: Puerto Rico, the U.S. Constitution, and Empire [Studies in Legal History] (Cambridge: Cambridge University Press, 2018). ISBN 9781108415491, £ 39.99



Via the American Society for Legal History, we learned of a new forthcoming book (November 2018) in their “Studies in Legal History” series. The book deals with the US annexation of Puerto Rico in 1898 and the imperial governance issues this created. The book can be pre-ordered here

ABOUT THE BOOK

Almost Citizens lays out the tragic story of how the United States denied Puerto Ricans full citizenship following annexation of the island in 1898. As America became an overseas empire, a handful of remarkable Puerto Ricans debated with US legislators, presidents, judges, and others over who was a citizen and what citizenship meant. This struggle caused a fundamental shift in constitution law: away from the post-Civil War regime of citizenship, rights, and statehood and toward doctrines that accommodated racist imperial governance. Erman's gripping account shows how, in the wake of the Spanish-American War, administrators, lawmakers, and presidents together with judges deployed creativity and ambiguity to transform constitutional meaning for a quarter of a century. The result is a history in which the United States and Latin America, Reconstruction and empire, and law and bureaucracy intertwine.

ABOUT THE AUTHOR

Sam Erman, University of Southern California
Sam Erman is Associate Professor at the University of Southern California Gould School of Law.

TABLE OF CONTENTS

Introduction
1. 1898: 'The constitutional lion in the path'
2. The Constitution and the new US expansion: debating the status of the Islands
3. 'We are naturally Americans': Federico Degetau and Santiago Iglesias pursue citizenship
4. 'American aliens': Isabel Gonzalez, Domingo Collazo, Federico Degetau, and the Supreme Court, 1902–1905
5. Reconstructing Puerto Rico, 1904–1909
6. The Jones Act and the long path to collective naturalization
Conclusion.

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15 July 2018

BOOK: Juan Pablo SCARFI, The Hidden History of International Law in the Americas (Oxford: Oxford University Press, 2017). ISBN 9780190622343, $90.00


(Source: OUP)

Last year, Oxford University Press published a book on the history of international law in the Americas and its use for legitimising US hegemony in Latin America.

ABOUT THE BOOK

International law has played a crucial role in the construction of imperial projects. Yet within the growing field of studies about the history of international law and empire, scholars have seldom considered this complicit relationship in the Americas. The Hidden History of International Law in the Americas offers the first exploration of the deployment of international law for the legitimization of U.S. ascendancy as an informal empire in Latin America. This book explores the intellectual history of a distinctive idea of American international law in the Americas, focusing principally on the evolution of the American Institute of International Law (AIIL). This organization was created by U.S. and Chilean jurists James Brown Scott and Alejandro Alvarez in Washington D.C. for the construction, development, and codification of international law across the Americas. Juan Pablo Scarfi examines the debates sparked by the AIIL over American international law, intervention and non-intervention, Pan-Americanism, the codification of public and private international law and the nature and scope of the Monroe Doctrine, as well as the international legal thought of Scott, Alvarez, and a number of jurists, diplomats, politicians, and intellectuals from the Americas. Professor Scarfi argues that American international law, as advanced primarily by the AIIL, was driven by a U.S.-led imperial aspiration of civilizing Latin America through the promotion of the international rule of law. By providing a convincing critical account of the legal and historical foundations of the Inter-American System, this book will stimulate debate among international lawyers, IR scholars, political scientists, and intellectual historians.

ABOUT THE AUTHOR

Juan Pablo Scarfi is a Research Associate at the Argentine National Scientific and Technical Research Council (CONICET), and teaches international relations and international law at the School of Politics and Government at the National University of San Martín, Argentina. He completed his PhD at the University of Cambridge in 2014. He was a Visiting Scholar at University College London (Institute of the Americas) and Columbia University, as well as a Postdoctoral Fellow at the Center for Intellectual History in the National University of Quilmes. He is the author of El imperio de la ley: James Brown Scott y la construcción de un orden jurídico interamericano (2014) and co-editor of Cooperation and Hegemony in US-Latin American Relations: Revisiting the Western Hemisphere Idea (2016).

TABLE OF CONTENTS

Acknowledgments
Introduction: Hemispheric Legal Networks and Languages in the Americas
Abbreviations
Chapter 1: Towards a Pan-American Legal Order: The Rise of US Hemispheric Hegemony and Elihu Root's Visit to South America
Chapter 2: Forging and Consolidating a Hemispheric Legal Network: The Creation of the American Institute of International Law and the Encounter between Scott and Alvarez
Chapter 3: The Pan-American Redefinition of the Monroe Doctrine and the Emerging Language of American International Law
Chapter 4: International Organisation and Hegemony: The Codification of American International Law and the Tensions between Scott and Alvarez
Chapter 5: The Debate over Intervention at Havana and the Crisis of the American Institute of International Law: Scott´s Displacement of Alvarez
Chapter 6: From Pan-Americanism to Multilateral Inter-Americanism: The Impact of the Anti-War Treaty, the Principle of Non-intervention and Sovereign Equality at Montevideo and the Dissolution of the American Institute of International Law
Conclusion: From US Hemispheric to Global Hegemony: Assessing the Legacy of American International Law and the American Institute of International Law in the Americas
Appendix A: Constitution of the American Institute of International Law (1913)
Appendix B: American Institute of International Law, "Declaration of Rights and Duties of Nations" (1915)
Appendix C: Platt Amendment (1901)
Bibliography
Index

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(source: ESILHIL blog)