Search

Showing posts with label imperial spaces. Show all posts
Showing posts with label imperial spaces. Show all posts

03 April 2025

CALL FOR PAPERS: Pendant et après la conquête : gouverner la pluralité (Università della Calabria: Rende-Cosenza, 13-14 OCT 2025); DEADLINE 1 JUN 2025

(Image source: École française de Rome)

Cette journée d’étude est organisée dans le cadre du programme Pax normanna (resp. Pierre Bauduin, Université de Caen-Normandie/CRAHAM, et Annick Peters-Custot, Nantes Université/CRHIA) inscrit les programmes de recherche structurants 2022-2026 de l’École française de Rome. Elle fait donc suite aux précédentes rencontres scientifiques du programme : le colloque de Cerisy (octobre 2022) sur « la Pacification », les journées d’études consacrées aux « premières générations de la conquête » tenues à Oxford (octobre 2023) sur « Partir » et à Ariano Irpino (octobre 2024) sur « S’établir ».

Après avoir considéré les modalités et raisons multiples et croisées des mouvements de départ et des conditions d’implantation des conquérants au sein des « Mondes normands médiévaux », les journées d’études accueillies à l’Université de Calabre (Rende-Cosenza) veulent considérer ce qui est une réalité variable, mais constante des mouvements de conquête suivies de construction politique dans les mondes normands médiévaux : le gouvernement de la pluralité (et de l’altérité) par les conquérants, leur entourage et leurs inévitables auxiliaires locaux.

Cette réalité de gouvernement qui s’impose durant la conquête même et dans ses suites correspond à une expérience commune aux phénomènes ici envisagés, mais qui se manifeste à des degrés divers, tant en fonction du niveau de pluralité rencontré et qu’en raison des effets induits par une conquête qui ajoute un nouvel élément de pluralité, extérieur, au substrat local. C’est un phénomène bien connu et maintenant largement exploré pour le monde viking, dont des exemples pourront être explorés dans cette perspective. Cette pluralité atteint à l’évidence son degré extrême dans le contexte méditerranéen : en Italie méridionale et en Sicile, les conquérants rencontrèrent une grande diversité de constructions politiques et une plus grande diversité, encore, de peuples et de groupes de population pour lesquels la pluralité des langues d’usage écrit (latin, grec, arabe) et de religion ou de liturgie (christianisme « romain », christianisme byzantin, islam, judaïsme) ou de droit (lombard, romano-justinien, byzantin, islamique) ne se superposaient pas, créant une pluralité interne très forte, et par ailleurs partiellement territorialisée. La mosaïque qu’était alors le terrain de conquête eut un effet important sur les modalités de cette dernière, et sur celles de l’établissement des Normands, et de leur gouvernement.  Même si elle semble moins marquée, la diversité du « monde anglo-normand » – l’expression nécessite elle-même d’être utilisée avec précaution et discutée – s’impose aux gouvernants d’un ensemble qui ne fut pas constamment réuni sous le gouvernement d’un même prince. Lorsque c’était le cas, le roi-duc était roi en Angleterre et duc en Normandie (qui demeurait une principauté du royaume de France), et les deux entités restaient distinctes, même si des tendances similaires s’observent (comme ailleurs en Occident) dans l’administration et les pratiques gouvernementales. L’Angleterre conquise par les Normands avait réalisé son unité seulement un peu plus d’un siècle auparavant, et les différences régionales restaient loin d’être négligeables, en partie héritées des anciens royaumes anglo-saxons et de l’implantation des vikings dans le pays : les identités locales de ce « patchwork kingdom » (J. Green) trouvaient encore à s’exprimer après 1066 et influencèrent l’établissement de la domination normande. Le contrôle des comtés disputés à l’Écosse et les débuts de la conquête du pays de Galles, où les Marcher lords disposaient d’une large autonomie, contribuèrent aussi à cette diversité.

Le gouvernement de la pluralité interroge plusieurs secteurs de l’action politique et administrative :

  • Le gouvernement de la pluralité religieuse ou liturgique ou tout simplement des coutumes et dévotions ; la co-présence, à l’échelle de diocèses, de chapitres cathédraux, de monastères, d’individus relevant de traditions différentes ; la question de la hiérarchie des normes religieuses, liturgiques, ecclésiales ; celle aussi de l’introduction ou de l’adoption de nouveaux cultes (de saints notamment) par les conquérants, ou de la gestion de l’altérité religieuse.
  • Le gouvernement de la pluralité juridique, la question de la personnalité ou de la territorialité des lois, de la distinction entre des normes locales ou communautaires et le droit du souverain, qui contribue à définir le niveau royal d’intervention en matière de lois, de droit, ou de justice. Ce thème a des répercussions considérables sur divers aspects de la vie quotidienne, des activités et des pratiques sociales, culturelles et économiques, des populations.
  • Les outils de gouvernement déterminés par la pluralité interne. On peut en particulier évoquer la question de la ou des langues de gouvernement, langue unique ou au contraire plurielles, les choix fonctionnels attribués aux langues, les logiques de traduction ou, au contraire, le choix de ne pas traduire les textes et actes de gouvernement (chartes, législation…). On peut y adjoindre, par exemple, les questions de fiscalité ou de politique monétaire.
  • Dans un même ordre d’idées, le choix, ou non, d’utiliser ou de s’inspirer de pratiques administratives (parfois elles-mêmes issues de traditions complexes, comme le montre le Domesday Book) d’un territoire conquis pour le fonctionnement et/ou la légitimation du nouveau régime (le cas de l’administration Hauteville qui juxtapose diwân et Dohana Baronum est bien connu).
  • Les protagonistes de la délégation du pouvoir royal ou ducal : ils incarnent une bonne partie des enjeux de ces questions en ce qu’ils expriment le consensus et la participation d’individus ou de groupes culturellement, socialement, linguistiquement différents, avec des traditions administratives parfois bien plus sophistiquées que celles des conquérants, et donc reproduites, imitées, métissées au sein de l’ensemble édifié par les conquérants.
  • La gestion de la pluralité administrative interne et du caractère personnel ou institutionnel de l’association de plusieurs entités distinctes en un même ensemble politique. On a mentionné le cas anglo-normand et l’union personnelle des couronnes ducale et royale. Celui qu’on nomme communément le roi de Sicile, à partir de 1130, est en fait roi de Sicile, du duché de Pouille et de la principauté de Capoue. Maintenir, associer, gouverner un royaume et un duché, un duché dans un royaume, préserver les identités administratives, politiques, urbaines, importer des superstructures socio-politiques (la féodalité) tout en perpétuant des modes d’administration fondés sur la délégation de l’autorité publique et sur la bureaucratie : tels sont également les défis qui se posent aux conquérants et aux différents cercles qui les entourent.

Ces quelques points ne constituent pas une liste exhaustive des éléments concernés par le thème ici envisagé.

Enfin, la question interroge la nature même des constructions politiques issues d’un processus de conquête : dans ce qui est devenu un classique de l’impériologie, Empires in World History. Power and the Politics of Difference (Princeton, 2011), Burbank et Cooper ont précisément connecté la définition, et donc la nature de l’empire au mode de gouvernement de la pluralité, jusque dans le titre de leur ouvrage. Dans les multiples modalités possibles du gouvernement de la pluralité interne, celle qui contribue à maintenir les différences et les subdivisions tend donc, selon ces auteurs, à relever d’un mode impérial sinon d’un empire ce qui, évidemment, ne peut qu’inciter à explorer la notion d’impérialité des royaumes.


Les interventions (d’une durée de 30 mn maximum) seront présentées en français, italien ou anglais. Les propositions, accompagnées d’un argumentaire, seront transmises au plus tard le 1er juin 2025 à l’un des organisateurs : pierre.bauduin[at]unicaen.fr; annick.peterscustot[at]univ-nantes.fr; mariarosaria.salerno[at]unical.it


More information can be found here.


16 May 2024

BOOK: Mauricio NIETO OLARTE, Exploration, Religion and Empire in the Sixteenth-century Ibero-Atlantic World. A New Perspective on the History of Modern Science (Amsterdam: University Press, 2021). ISBN: 9789463725316, pp. 330 € 141,00

 

(Source: AUP)


ABOUT THE BOOK

The Iberian conquest of the Atlantic at the beginning of the sixteenth century had a notable impact on the formation of the new world order in which Christian Europe claimed control over most a considerable part of the planet. This was possible thanks to the confluence of different and inseparable factors: the development of new technical capacities and favorable geographical conditions in which to navigate the great oceans; the Christian mandate to extend the faith; the need for new trade routes; and an imperial organization aspiring to global dominance. The author explores new methods for approaching old historiographical problems of the Renaissance—such as the discovery and conquest of America, the birth of modern science, and the problem of Eurocentrism—now in reference to actors and regions scarcely visible in the complex history of modern Europe: the ships, the wind, the navigators, their instruments, their gods, saints, and demons.


ABOUT THE BOOK

Mauricio Nieto Olarte is titular Professor at the Department of History and Geography as well as Dean of the Faculty of Social Sciences at the Universidad de los Andes, Bogota, Colombia.


TABLE OF CONTENTS

 

List of illustrations Acknowledgments


Introduction

The New World and the problem of Eurocentrism

Science and empire

Summary of the chapters in this book


1. The Iberian Peninsula and the Atlantic

Portugal and Spain

Winds, currents, and sailing ships in the Atlantic

Gold, silver, slaves, souls, and a thousand kinds of trees


2. The imperial bureaucracy and the appropriation of the New World

Seville and the Casa de Contratacion

The universal monarchy


3. The piloto mayor: cosmography and the art of navigation

The post of piloto mayor: seamanship and cartography

The navigation manuals

Manuals for the Empire

Publications, dissemination, and secrecy

Humanism and the classics

Experience and authority

Man against the sea: shipwrecks and meteorology

Routes and chorographic descriptions: The New World within the new global order


4. Machines of the empire

The ships

Shipbuilding

War and artillery

Navigational instruments

The astrolabe

The cross-staff

The mariner’s compass

Time and clocks

The sounding/plumb line

The navigation charts

Astronomical tables

Instruments, measurements, precision, and standardization

The crew

The captain/admiral

The pilot

The shipmaster (maestre) and quartermaster (contramaestre)

The boatswain (guardian)

The ordinary seamen (marineros)

Midshipmen (grumetes) and cabin boys (pajes)

The carpenter, steward, cooper, and cook

The scribe, master-at-arms, and overseer

The cannoneer

The barber/surgeon

The priest

Life on board

The argot of the sailors

Overcrowding

Food and health

Men of the sea and men of God


5. The Master Map (Padrón Real) and the cartography of the New World

Nautical charts and how they were made

The making of a chart

The charts of tierra firme: the earliest maps of the New World

Three early maps of the New World

Juan de la Cosa (1500)

Waldseemuller (1507)

Diego Ribero (1520) 6. The creatures of God never seen before: natural history

Nature in the New World

The classics and the Bible

Monsters in paradise

To describe, classify, and name

Medicine, botany, and the knowledge of the natives

The Empire and natural history


7. The New World, global science, and Eurocentrism

Plus ultra

Experience and authority

The Empire and the challenge of standardization

Eurocentrism


Bibliography

About the Author

Index



More information with the publisher.

25 August 2023

BOOK: Corinne LEVELEUX-TEIXEIRA, Fulvio DELLE DONNE (eds.), Gli spazi del potere: strategie e attributi dell’imperialità / Les espaces de la puissance: stratégies et marqueurs de l’impérialité (Potenza: Basilicata University Press, 2023). ISBN: 9788831309233 [OPEN ACCESS]


ABOUT THE BOOK

La vastità del territorio è attributo necessario di imperialità? Un impero è solo un regno più grande? Rielaborando gli interventi al convegno scientifico tenutosi alla Maison Française di Oxford nel giugno del 2018, questo libro mette in discussione i legami sviluppati a partire dal Medioevo tra l’idea di impero e la sua espressione geografica. Più precisamente, riflette sul rapporto tra razionalità politica imperiale e configurazione territoriale attraverso alcuni casi di studio tratti dai regni di Sicilia, Francia, Ungheria, Spagna e Inghilterra.


ABOUT THE EDITORS

Corinne Leveleux-Teixeira est professeure d’histoire du droit à l’Université d’Orléans et directrice d’étude à l’École Pratique des Hautes Études (Paris). Elle enseigne également à Sciences-Po Paris. Formée en histoire, en droit public et en théologie, elle est spécialiste de droit médiéval. Elle travaille sur les relations entre savoirs, constructions institutionnelles et pratiques sociales. Elle dirige la Revue historique de Droit Français et Étranger.

Fulvio Delle Donne insegna Letteratura latina medievale e umanistica presso l’Università degli Studi della Basilicata. Nella sua ampia produzione scientifica coniuga metodi e interessi filologico-letterari con quelli storici, coprendo un arco cronologico che va dal VI al XVI sec. Ha pubblicato molte edizioni critiche ospitate presso Edizioni Nazionali, numerosi volumi monografici pubblicati da prestigiose case editrici e numerosissimi articoli apparsi in importanti volumi collettanei e in riviste scientifiche internazionali. È coordinatore di PRIN e di diversi progetti scientifici internazionali ed è Presidente del Centro Europeo di Studi su Umanesimo e Rinascimento Aragonese - CESURA (www.cesura.info), nonché Direttore del collegato Centro interuniversitario internazionale.


TABLE OF CONTENTS

  • Corinne Leveleux-Teixeira, De l’espace à l’espèce : de quoi l’im­pé­ria­lité est-elle le nom ? Quelques réflexions introductives
  • Annick Peters-Custot, Le royaume normand de Sicile, cas d’école de l’im­périalité royale ?
  • Jean-Paul Boyer, Humilier l’Empire. Le paradoxe des romanistes du ro­yaume de Sicile-Naples (fin XIIIe-mi-XIVe siècle)
  • Benoît Grévin, Rex est imperator extra regnum ? Stratégies im­pé­riales françaises, des Capétiens aux premiers Valois (1212-1380)
  • Attila Bárány, The Medieval Kingdom of Hungary : a Power Factor in Central Europe
  • Hélène Sirantoine, When Being King Was Not Enough : Im­pe­ra­to­res in Medieval Iberia (Ninth to Twelfth Century)
  • John Watts, Imperial England, 1150-1550


More information can be found here.