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21 April 2020

BOOK: Alison CARROL, The Return of Alsace to France, 1918-1939 (Oxford: University Press, 2018). ISBN: 9780198803911, pp. 248, £60.00

Cover for 

The Return of Alsace to France, 1918-1939
(Source: OUP)

ABOUT THE BOOK

In 1918, the end of the First World War triggered the return of Alsace and Lorraine to France after almost fifty years of annexation into the German Empire. Enthusiastic crowds in Paris and Alsace celebrated the return of the 'lost provinces,' but return proved far more difficult than expected. Over the following two decades, politicians, administrators, industrialists, cultural elites, and others grappled with the question of how to make the region French again. Differences of opinion emerged, and reintegration rapidly descended into a multi-faceted struggle as voices at the Parisian centre, the Alsatian periphery, and outside France's borders offered their views on how to introduce French institutions and systems into its lost borderland. Throughout these discussions, the border itself shaped the process of reintegration, by generating contact and tensions between populations on the two sides of the boundary line, and by shaping expectations of what it meant to be French and Alsatian.
Borderland is the first comprehensive account of the return of Alsace to France which treats the border as a driver of change. It draws upon national, regional, and local archives to follow the difficult process of Alsace's reintegration into French society, culture, political and economic systems, and legislative and administrative institutions. It connects the microhistory of the region with the 'macro' levels of national policy, international relations, and transnational networks, and with the cross-border flows of ideas, goods, people, and cultural products that shaped daily life in Alsace as its population grappled with the meaning of return to France. In revealing the multiple voices who contributed to the region's reintegration, it underlines the ways in which regional populations and cross-border interactions have forged modern nations.

ABOUT THE AUTHOR

Alison Carrol is Senior Lecturer in European History at Brunel University, London. She has published on questions of borders and integration in modern French history, and in 2010 she was awarded the Etienne Baluze prize in European local history. This is her first book.

TABLE OF CONTENTS

Introduction
1: A Bridge Across the Rhine
2: Remaking French Alsace: Citizenship, Administration, and Laws
3: Borderland Politics
4: Economic Reintegration
5: Reimagining Alsatian Culture
6: The Border Landscape
Conclusion

More information here


25 May 2016

NOTICE: « Frontières », Journées anniversaires de l’EHESS – Droit et sciences sociales (Paris, June 3-4 2016)


WHAT « Frontières », Journées anniversaires de l’EHESS – Droit et sciences sociales

WHEN June 3-4 2016

WHERE EHESS, June 3: 190, Av. de France, salle 15 - June 4: 105, Bd. Raspail, salle 7&8


Quand la demande d’abolition des frontières se fait pressante, qu’elle vienne des pouvoirs économiques ou de la société civile, que de multiples frontières et murs se recréent dans toutes les régions du monde, que des guerres sont à la fois localisées et déterritorialisées, il paraît nécessaire de revenir aux origines, lorsque le concept n’existait pas encore, aux raisons d’être qui ont été avancées pour les constituer, aux fonctions qui leur sont dévolues. Nous le ferons en examinant d’emblée le sens de la revendication contemporaine de leur abolition. Munis de ce bagage, nous cheminerons, depuis la pluralité des concepts utilisés par les historiens grecs jusqu’au sillon de Romulus, fondateur pour la mythologie juridique. Le mot frontière s’imposa lentement pour acquérir son sens actuel, et sa représentation – un trait sur une carte qui crée dans le même temps, des espaces séparés et des zones d’échanges. En droit constitutionnel, ce trait délimite un territoire, où vit un peuple, éventuellement avec des minorités ou/et des peuples autochtones, peuple sur lequel s’exerce, ou cherche à s’exercer, un pouvoir souverain. De l’autre côté du trait s’exerce un autre pouvoir souverain. Il y a donc un rapport spécifique entre le trait abstrait, sa matérialisation par des postes-frontières, check-points, murailles, la surface à l’intérieur du trait et l’institutionnalisation de formes de pouvoir et de gouvernement impliquant une administration, une justice, une fiscalité, un drapeau, une ou des monnaies, etc. Ces traits peuvent être contestés – ce sont les conflits frontaliers, chauds ou froids, qui se règlent par la force ou par le droit –, déplacés – que ce soit par la force ou par accord entre les parties, renforcés par des murs, coordonnés avec d’autres lorsque se forme une entité régionale comme l’Union européenne. Sans ce rapport entre le trait, la surface, le peuple et un pouvoir de jurisdictio, une politique consentie est-elle possible ?

*
*     *

Vendredi 3 juin 
EHESS – 190 Av. de France 75013 Paris
Salle 15

La question

♦ 9h-10h : Le problème juridique de la revendication d’abolition des frontières. 
Otto Pfersmann, Directeur d’études à l’EHESS 

Le mot « frontière » est utilisé dans la construction de multiples concepts et en vue de multiples finalités. Le concept juridique de frontière réfère au domaine spatial de validité d’un système de normes présentant des propriétés spécifiques ainsi que, plus étroitement, au domaine spatial de sanction (où la « sanction » réfère à l’obligation d’exercer un acte de contrainte en cas de violation d’une autre obligation). Si la « souveraineté » d’un système juridique n’a jamais existé juridiquement (bien qu’elle ait constitué un puissant mythe politique nationaliste) puisqu’elle implique un pouvoir normatif « absolu », alors qu’il a toujours été soumis à la normativité du système international (ou du droit des gens), la question de savoir s’il pourrait y avoir un partage ou une pluralité du domaine spatial de validité et du domaine spatial de sanction pose en effet un problème intéressant. On tâchera de montrer que si les rapports entre systèmes juridiques peuvent devenir de plus en plus complexes, l’exclusivité du domaine de sanction n’en est pas affectée.