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22 July 2019

JOURNAL: Revue Française d'Histoire des Idées Politiques n° 49 (2019/1): Varia

(image source: cairn)

Rousseau et ses Considérations sur le gouvernement de Pologne ou Rousseau historien et législateur antimoderne ? (Alfred Dufour)
Abstract:
Réputé « mauvais historien » et théoricien politique plus que législateur, Rousseau offre dans le texte ici présenté un flagrant démenti à ces préjugés. Sollicité par le représentant de la confédération de Bar en France, le comte Wielhorski, de faire part entre 1770 et 1771 de ses réflexions sur la réforme de la constitution de la Pologne dans le vaste débat en cours à ce sujet aussi bien entre philosophes des Lumières qu’entre cours européennes ou magnats polonais, il s’y révèle aussi pénétrant connaisseur de l’histoire des institutions polonaises que véritable réformateur, tenant d’un « républicanisme conservateur », soucieux du respect des institutions nationales comme celles du liberum veto et des confédérations autant que de l’électivité de la couronne, mais aussi de l’émancipation des serfs et de la promotion progressive de la paysannerie.

Penser la liberté religieuse en 1789 : Stanislas de Clermont-Tonnerre (Patrice Rolland)
Abstract:
Pour assurer la liberté d’opinion religieuse en 1789, Stanislas de Clermont-Tonnerre est seul à proposer la séparation des Églises et de l’État contre la nationalisation des biens du clergé. Sa philosophie individualiste de la liberté religieuse s’oppose à la constitution civile du clergé, à l’idée de « religion civile nationale » et de service public du culte. Du seul principe de liberté d’opinion, il déduit un statut juridique de la religion anticipant celui des démocraties libérales contemporaines. Sur ce terrain il est le maître revendiqué de Benjamin Constant.


Pavane pour une révolution heureuse. Aperçu de la pensée politique de Stanislas de Clermont-Tonnerre, 1757-1792 (Jean-Guy Rens)
Abstract:
Stanislas de Clermont-Tonnerre a bataillé en 1789 pour permettre aux Juifs d’obtenir la nationalité française. Mais on oublie l’homme qui se cache derrière ce geste d’éclat. Partisan du « principe de lenteur » en matière politique, il lutta au sein du groupe monarchien (Mounier, Lally-Tollendal et Malouet) pour établir un pouvoir exécutif fort qui préfigure la fonction présidentielle sous la Ve République.

De l’industrialisme saint-simonien aux fondateurs du management scientifique : l’utopie de la coopération (Baptiste Rapin)
Abstract:
Cet article présente une généalogie de l’industrialisme à travers deux figures marquantes de son histoire : en premier lieu celle de Claude-Henri de Saint-Simon, père de la doctrine industrialiste, puis celle de Frederick Winslow Taylor, fondateur et vulgarisateur du management scientifique. Au centre de notre analyse se trouve le projet politique de la fabrique utopique d’une société intégralement régulée par la coopération.


« Le début du siècle nouveau » : le débat intellectuel et politique en Allemagne autour de 1800 (Lucien Calvié)
Abstract:
Face à la « dégénérescence » révolutionnaire du Directoire (1795-1799), « Le début du siècle nouveau » (Schiller, 1801) cristallise le débat allemand des années 1790-1800 autour de trois secteurs liés entre eux : la politique de Fichte, du « jacobinisme » au nationalisme des Discours à la nation allemande ; dans la dépendance du subjectivisme kantien et fichtéen, la genèse du premier romantisme (Novalis, Schlegel), son ironie et son « tournant » réactionnaire ; et le développement de la pensée de Hegel comme critique du subjectivisme fichtéen et de l’ironie romantique, la question centrale devenant celle de l’État face aux conflits de la société civile.

Complexification sociale et effacement de la souveraineté chez Léon Duguit (Emeric Travers)
Abstract:
Parce qu’à ses yeux théorie du droit et études des transformations sociales sont une seule et même chose, Léon Duguit regardera les difficultés théoriques de la science juridique de son époque comme l’indice du caractère obsolète de certaines notions. Les impasses doctrinales du droit public doivent, pour lui, être attribuées à l’inadéquation de certains concepts aux faits sociaux. Souveraineté et personnalité étatiques ont certes eu leur efficience, tant théorique que pratique, au cours de l’histoire. Il n’en demeure pas moins que les transformations sociales dont Duguit est le témoin impliquent l’exigence de les dépasser au profit de la notion de service public.

Quid leges sine moribus ? Jean Massabiau ou l’aporie constitutionnelle du républicanisme au premier XIXe siècle (Oscar Ferreira)
Abstract:
Oublié en France, Jean Massabiau (1765-1837) eut pourtant un impact au Brésil, en influençant un des pères de l’indépendance : Silva Lisboa. Conservateur de la bibliothèque Sainte-Geneviève, il laisse une œuvre marquée par le républicanisme classique. Convaincu que les garanties morales sont plus importantes que les garanties légales et constitutionnelles, il minimise l’intérêt du constitutionnalisme moderne, avant de se raviser sous Juillet, proposant alors une constitution mêlant garanties anciennes et modernes.

Quelle approche pour quelle histoire des idées politiques ? (Hugo Bonin, Francis Dupuis-Déri)
Abstract:
Comment faire l’histoire des idées politiques ? Nous proposons de présenter de manière systématique quatre approches qui tentent de répondre à cette question : la méthode contextualiste, dite École de Cambridge, l’histoire sociale des idées politiques marxiennes, l’histoire conceptuelle et l’histoire populaire des idées politiques. L’intérêt d’une telle comparaison est de mettre en lumière les convergences et divergences entre ces différentes méthodes et de permettre de saisir ce que chacune d’entre elles permet en termes d’interprétation.

Jacques de Cassan (François Monnier)
Abstract:
Jacques de Cassan est l’un des juristes politiques de Richelieu. Aujourd’hui bien oublié, il a tenté de démontrer la légitimité juridique des prétentions de la Couronne de France sur certaines possessions de ses voisins. Et comme il n’existait guère d’autres arguments, il s’est appuyé sur le vieux droit féodal pour démontrer la validité de ces prétentions, alors que l’époque était à la mise en place de monarchies modernes et d’États nationaux unitaires. La guerre de Trente Ans a redoublé toutes ses ambitions, même les plus anciennes. Les revendications sont spécieuses, le raisonnement osé, l’histoire instrumentalisée, mais Cassan lève le voile sur les dernières pudeurs du cardinal face à l’opinion et à l’Europe. Il en dit long sur l’état d’esprit des gouvernants d’alors, sur leur volonté de puissance et sur leur expansionnisme forcené.
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