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12 September 2022

BOOK: Gilduin DAVY, Raymond VERDIER, Christophe ARCHAN, Gérard COURTOIS, Marc VALLEUR (dir.), Les ordalies. Rituels et conduites (Paris: Mare et Martin, 2022), ISBN: 9782849345511

 

(Image source: Mare et Martin)


ABOUT THE BOOK

Les ordalies, pratique déduite d’une cosmogonie immémoriale, ont participé en bien des temps et des lieux au règlement des conflits. Leurs rituels mettent en scène une épreuve dangereuse (voire mortelle) où accusés et accusateurs en appellent à une puissance sacrée pour que se manifeste la vérité. Très présente en Inde et en Mésopotamie, la culturede l’ordalie se repère dans de nombreux épisodes mythiques de l’Antiquité. Au Moyen-Age, les épreuves ordaliques, dont le duel judiciaire, dominent le système probatoire tout en subissant les critiques d’une Église qui rechigne à y voir une intervention divine. En Afrique et à Madagascar, ces épreuves, parfois encore prégnantes de nos jours, privilégient la puissance sacrale et justicière de l’eau et du feu, là où coexistent le visible et l’invisible. De ces rituels institués, nos contemporaines « conduites ordaliques » pourraient être une survivance, dans un monde où leur place devrait être cantonnée à l’imaginaire des productions culturelles.


ABOUT THE EDITORS

Christophe Archan est agrégé des Facultés de droit, Professeur d'Histoire du droit à l'université Paris Nanterre.

Gérard Courtois est agrégé des universités, Professeur émérite d'histoire du droit à l'université d'Artois.

Gilduin Davy est agrégé des Facultés de droit, Professeur d'Histoire du droit à l'université Paris Nanterre.

Marc Valleur est psychiatre, et ancien médecin chef de l'hôpital Marmottan à Paris.

Raymond Verdier est directeur de recherche honoraire au CNRS, fondateur de la Revue Droit et Cultures à l'université Paris Nanterre.


TABLE OF CONTENTS

Avant-propos (Raymond Verdier)

PREMIERE PARTIE. EGYPTE, INDE, OCCIDENT (Gèrard Courtois)

  • Le serment par la Vie, démarche ordalique dans l'Egypte pharaonique? (Bernadette Menu)
  • L'ordalie dans le droit de l'Inde classique (Jean-Claude Bonnan)
  • L'ordalie des quatre éléments. Empédocle, fragment 115 DK (Alain Petit)
  • Les expositions d'enfants dans la tragédie grecque: une pratique ordalique? (Sébastien Dalmon)
  • Procédés ordaliques et pratiques du serment dans le monde grec d'époque hellénistique et romaine (Andréas Helmis)
  • L'hybridation des vérités. L'ordalie dans l'Empire romain tardif (Soazick Kerneis)
  • Ordalies: du mécanisme à la forme de vérité (Antoine Garapon)
  • Sur le dédain du rituel (Gérard Courtois)

DEUXIEME PARTIE. LES DUELS ORDALIQUES DANS L'OCCIDENT MEDIEVAL (Christophe Archan, Gilduin Davy)

  • Le duel judiciaire dans l'Irlande médiévale (Christophe Archan)
  • Le sang des guerriers et l'ilot de l'honneur. Aperçu sur le duel dans la société viking (Gilduin Davy)
  • Résistance du duel judiciaire et réactions canoniques dans la Chrétienté occidentale (XI-XIII siècle) (Bruno Lemesle)
  • Le duel judiciaire dans la chanson de geste (XII et XIII siècles) (Philippe Haugeard)

TROISIEME PARTIE. RITUELS DIVINATOIRES, JURATOIRES ET ORDALIQUES. AFRIQUE NOIRE - MADAGASCAR (Raymond Verdier)

  • L'interrogation du mort en pays Joola jamaat (sud du Sénégal / nord de la Guinée-Bissau) (Odile Journet-Diallo)
  • L'ordalie de la masse-enclume. La forge et le fer chez les Masango du Gabon (Christian Mayisse)
  • Les ordalies en pays Gbaya (Paulette Roulon-Doko, Jeannette Sylvie Pilo-Atta)
  • Le verdict incontestable d'un juge invisibile en pays Bobo (Burkina-Faso) (Maurice Sanou)
  • Nature humaine, Justice cosmique, Paole et Vérité. L'épreuve du feu en pays Kabiyé (Togo) (Raymond Verder et Balaibaou Badameli-Kassan)

QUATRIEME PARTIE. LES CONDUITES ORDALIQUES: "L'ANIMISME" DES MODERNES? (Marc Valleur)

  • Les conduites ordaliques au cinéma (Mario Blaise)
  • Note critique sur la notion de "suicide ordalique" (Michel Debout)
  • Entre jeu et suicide: les conduites ordaliques (Marc Valleur)


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16 March 2021

COLLOQUE EN LIGNE: Penser l’ancien droit public. Regards croisés sur les méthodes des juristes (III), 26 et 27 mars 2020, Université Toulouse Capitole

 


(Source: Hi-D)

Colloque organisé par Nicolas Laurent-Bonne, professeur à l’université Clermont Auvergne (Centre Michel de L’Hospital, EA 4232) Xavier Prévost, professeur à l’université de Bordeaux (Institut de recherche Montesquieu-CAHD, EA 7434) avec le soutien du Centre toulousain d’histoire du droit et des idées politiques (UR 789)

Présentation

Dans un article célèbre publié en 1980, Jacques Poumarède constatait, non sans sévérité, que les historiens du droit paraissaient « complètement dépourvus de toute curiosité épistémologique ». Si depuis près de quarante ans, la situation a bien évidemment changé, il apparaît nécessaire de perpétuer l’interrogation sur les méthodes des juristes, et spécialement ici de ceux qui s’adonnent à l’étude historique du droit. C’est l’objectif poursuivi par cette manifestation qui, s’inscrivant dans le sillage de deux autres colloques, entend à nouveau interroger l’anachronisme des concepts, cette fois, pour la recherche en histoire du droit public. Il suffit de s’intéresser à l’institution centrale de cette branche du droit – l’État –, pour apercevoir l’acuité d’un tel questionnement. En effet, l’utilisation du terme « État » constitue sans doute un exemple paradigmatique d’anachronisme conceptuel. Dans quelle mesure est-il possible d’y recourir avant que ne s’impose la théorie moderne de la souveraineté bodino-lockienne ? Si le substantif « État » est souvent employé comme un raccourci permettant d’alléger le propos, son utilisation ne soulève pas moins d’immenses questions épistémologiques, qui ont elles-mêmes de lourdes conséquences, non seulement juridiques mais aussi politiques et sociales. La question reste d’ailleurs d’actualité au regard de la remise en cause actuelle de ladite théorie.

Pourtant, en raison de sa fonction rétrospective, l’histoire du droit est souvent cantonnée à un simple rôle d’auxiliaire de la dogmatique juridique. D’aucuns évoquent alors une science sans objet juridique – autrement dit impure – s’intéressant exclusivement à des faits ainsi qu’à des phénomènes parallèles à l’élaboration de la norme. Dans une telle perspective, le normativisme kelsénien invite le juriste-historien à cloisonner la rétrospective historique et la dogmatique juridique. Dès lors, l’on peut se demander si de telles précautions méthodologiques ne risquent pas, à l’inverse, d’incliner vers un cloisonnement des savoirs que Mikhaïl Xifaras explique notamment par la paresse intellectuelle des juristes et l’hyperspécialisation des connaissances. Depuis le milieu du XXe siècle, l’inflation législative et l’atomisation des branches du droit ont, en effet, immanquablement contribué au compartimentage du droit positif et de son histoire. Ce divorce, auquel s’exposent depuis plusieurs décennies le droit et son histoire, tient en partie à la dualité que peinent à assumer les historiens du droit, écartelés entre science historique para-juridique et dogmatique juridique anhistorique.

Dans le sillage des rencontres consacrées à l’ordre juridique médiéval et moderne (Clermont-Ferrand, 21 et 22 janvier 2016) et à l’ancien droit privé (Bordeaux, 9 et 10 mars 2017), ce colloque a donc pour ambition de livrer une réflexion épistémologique sur l’un des enjeux de l’historiographie juridique : peut-on penser l’ancien droit public à partir des catégories juridiques contemporaines ? L’histoire du droit semble avoir largement échappé à de tels questionnements, qui ont pourtant fait l’objet de débats nourris dans la plupart des autres champs de la connaissance historique. Afin de combler ce manque, la manifestation a notamment pour but d’interroger l’identification de concepts considérés comme quasiment atemporels, en ce qu’ils sont mobilisés pour presque toutes les périodes et civilisations ; que l’on pense à la liberté, la justice, aux pouvoirs publics ou bien encore à la police. Ces concepts, tout comme des institutions plus particulières, doivent permettre d’illustrer une réflexion d’ensemble sur les méthodes des juristes publicistes. Le colloque entend ainsi porter dans le champ du droit public le dilemme bien connu du rapport de la recherche historique au présent, telle l’opposition entre écriture d’une histoire continuiste et celle d’une histoire inactuelle. Plus largement, ces journées clermontoises, bordelaises et toulousaines souhaitent contribuer aux débats sur la place de l’analyse historique du droit, notamment en se demandant, comme le faisait il y a peu Étienne Picard à propos du droit comparé, si l’histoire du droit est du droit.